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  • Un autre problème de transfert de numéro

    Vous vous souvenez de cette offre de Fido en fin septembre 2025? On me proposait 25Go de données pour 20$/mois. Mon manque d’expérience a rendu le transfert de numéro de téléphone de Vidéotron vers Fido plutôt stressant. Il aura suffi de déclencher le transfert depuis mon compte Fido sur le web et autoriser l’opération par texto. Au final, je n’ai pas regretté la migration. Le tracas initial passé, je n’ai pas eu de nouveaux problèmes.

    Voilà que lundi, 26 janvier 2026, je reçois une nouvelle offre de Vidéotron: 40$/mois pour 75Go de données, fixe à vie, bien entendu tant que je demeure avec eux. J’ai été tenté d’accepter l’offre, ce qui était une bonne et une mauvaise idée. Avais-je vraiment besoin de plus que 25Go de données par mois? Pas vraiment. Avec Fido, je payais 20$ pour 25Go, ce qui veut dire 0.80$/Go. L’offre de Vidéotron me proposait 40$ pour 75Go, alors 0.53$/Go. Alors oui, le coût par Go est plus petit.

    Cette fois-ci, je ne sais pas pourquoi, la carte eSIM n’était pas une option. J’ai essayé qu’on utilise ma carte SIM Vidéotron existante, mais on a plutôt insisté pour m’envoyer une nouvelle carte SIM, que j’ai reçue mercredi, 28 janvier 2026. Pour effectuer le transfert de mon numéro de Fido vers Vidéotron, ils avaient besoin de mon numéro de compte Fido. J’ai tenté de me brancher sur l’application Fido: il fallait encore me reconnecter, ce qui veut dire chercher et démarrer l’application Keepass, entrer mon mot de passe maître, chercher pour l’entrée Fido, copier le mot de passe, revenir dans l’application Fido, coller le mot de passe et parfois il faut réessayer plusieurs fois. Plutôt que faire ainsi, j’ai essayé si je me rappelle bien avec mon ordinateur et surprise, le site de Fido ne fonctionnait pas du tout, se contenant d’afficher une icône indiquant que la page était en train de se charger. On a donc reporté le transfert de mon numéro au moment de la réception de ma carte SIM.

    Avant de contacter Fido pour obtenir le numéro de compte par téléphone, j’ai essayé de me connecter via Google Chrome au lieu de Firefox et ça a fonctionné. Le site de Fido, pour je ne sais pas quelle raison, ne fonctionne pas (ou plus) avec Firefox, du moins pas sur Linux!

    Mercredi, quand j’ai eu ma nouvelle carte, j’ai comme convenu rappelé Vidéotron pour procéder au transfert de mon numéro de téléphone. J’avais à portée de main mon numéro de compte Fido. J’avais retrouvé le petit outil pour ouvrir le compartiment à carte SIM de mon téléphone. J’avais aussi la carte à portée de main au cas où on me demanderait de donner le numéro, écrit un peu petit, sur l’emballage. Il se pouvait que je n’arrive pas à lire le numéro de façon fiable et je n’ai pas pensé à la possibilité de me faire aider par Google Lookout si jamais ça arrivait. De plus, la carte SIM installé, on peut aller rechercher ce numéro dans les préférences du téléphone, ce qui permet de contourner la difficulté à lire le numéro sur l’emballage. On ne m’a demandé que le numéro de compte Fido. Le fait d’avoir appelé au moins m’a permis d’avoir une meilleure confiance que je n’étais pas victime d’un hacker tentant de me soutirer de l’information pour voler mon numéro de téléphone.

    Comme le représentant du service client m’a indiqué, j’ai bien reçu le texto de Fido me demandant l’autorisation de transférer mon numéro. J’ai répondu Oui comme demandé et reçu un message de confirmation comme quoi l’autorisation a été reçue. Ensuite, j’ai éteint mon téléphone et installé la nouvelle carte SIM, ce qui s’est bien passé. Puis j’ai rallumé ça. Il s’est passé exactement la même chose que la dernière fois: carte SIM de l’ancien fournisseur (la eSIM de Fido) encore active avec mon numéro courant, carte SIM du nouveau fournisseur (Vidéotron) avec un nouveau numéro de téléphone. Bon, j’ai un meeting au travail, on va attendre après. Au moins je pouvais désactiver la carte SIM de Vidéotron et demeurer joignable à mon numéro habituel.

    Eh bien après le meeting, les choses n’avaient pas évolué alors j’ai rappelé Vidéotron. La personne m’a redemandé les questions d’identité puis vérifié mon dossier. Eh bien le numéro avait été transféré et était bien celui figurant sur mon compte Vidéotron.

    Ne sachant que faire, je suis allé voir sur mon compte et n’ai eu qu’une page indiquant que je n’étais abonné à aucun service mobilité. C’est qu’il y a deux systèmes: l’Espace Client et Helix. Je me suis malencontreusement connecté sur l’Espace Client tandis qu’on a tout rapatrié mes services sur le système Helix. J’ai tenté de me déconnecter, eu du mal à trouver comment, et puis constaté que la connexion vers l’Espace Client se rétablissait d’elle-même, automatiquement. J’ai eu beau tout essayer, il n’y avait rien à faire. Il m’a encore fallu y aller avec Google Chrome au lieu de Firefox, sinon j’aurais été obligé d’effacer tous les cookies pour réinitialiser le navigateur, puis après devoir me reconnecter sur chaque site (Facebook, Di.FM, YouTube, etc.). Dans l’espace Helix, c’était bien mon numéro de téléphone courant; le transfert avait réussi. Et pourtant.

    J’ai essayé de redémarrer l’appareil plusieurs fois, en vain. Par chance, il était facile de basculer entre la SIM de Fido et celle de Vidéotron puisque toutes deux se trouvaient dans mon appareil. Avoir eu deux cartes SIM physiques, il m’aurait fallu jongler entre les deux, avec à chaque fois le risque accru, par le stress, de l’échapper au moment de l’échange.

    J’ai fini par rappeler Vidéotron et là, la personne a eu du mal à valider mon identité. Apparemment, au lieu du jeune fille de ma mère, j’aurais entré dans le système un autre mot de passe. Je ne me souviens pas avoir fait ça, ce qui augmenta encore ma confusion et mon désarroi. Une deuxième fois, la personne vérifia des trucs, attesta que mon numéro était transféré, raccrocha en disant me rappeler et plus rien. Si je mettais la carte SIM de Vidéotron active et désactivais mon eSIM de Fido, je ne recevais pas les appels vers mon numéro de téléphone habituel.

    J’ai failli perdre ma soirée de mercredi soir, la passant à m’acharner jusqu’à une solution. J’avais ce soir-là une rencontre d’étude spirituelle avec des amis que j’aurais par la suite regretté avoir manqué pour taper sur ce problème, surtout que la solution ne serait venue que le lendemain, dans tous les cas.

    Avant de partir pour ma réunion, j’ai encore vérifié, cette fois avec mon téléphone, sur l’application Fido: compte actif, pas d’option pour déverrouiller le transfert de numéro. L’application Vidéotron, que j’ai réinstallée, ne fonctionna jamais. Si je me branchais sur mon compte Helix avec ça, j’avais seulement des messages d’erreur avec recommendation de réessayer plus tard. Bon sang! Ça va donc bien mal!

    Je ne pouvais pas juste annuler le nouveau forfait avec Vidéotron, parce que si le transfert du numéro était partiellement commencé, ça pouvait arriver qu’il se complète, que mon compte Fido se désactive et que non seulement je n’aie plus de forfait cellulaire du tout mais que mon numéro actuel soit perdu! J’aurais alors été obligé de faire table rase, repartir avec un nouveau forfait, un nouveau numéro et passer la fin de semaine qui aurait suivi à changer mon numéro sur plein de sites différents. Grrr!

    Jeudi matin, j’ai rappelé Vidéotron après avoir confirmé que chez Fido, mon compte était encore ouvert, avec mon numéro actuel. Apparemment, tout était beau du côté de Vidéotron, mais Fido n’avait pas fait son travail. Il allait me falloir les contacter, ce que je fis, avec peine. Pas moyen de trouver un numéro pour les rejoindre, seulement un bouton « Appelez-nous » qui déclenchait l’exécution d’une application xdg-open et rien ne se passait. Probablement qu’il aurait encore fallu redémarrer sous Windows et essayer de là. Au lieu de faire ainsi, j’ai demandé à Perplexity et pu trouver un numéro pour les rejoindre.

    Je me sentais de plus en plus dans l’impasse. Peut-être, pensai-je maintes fois, le mieux à faire sera de me rendre à la Cabine T, puisqu’ils font affaire avec plusieurs fournisseurs différents et ont sûrement rencontré ce genre de pépins dans le passé. Je pouvais espérer qu’ils savent quoi faire pour ça. Mais pas certain que la boutique existe toujours. La dernière fois que j’y suis allé, c’était avant la pandémie.

    Eh bien, je me suis fait coincer dans un labyrinthe d’options, un système automatisé qui ne comprenait pas ce que je disais. J’ai essayé et me suis heurté à un mur. Le système ne pouvait que traiter le problème commun du transfert de numéro d’un autre fournisseur vers Fido, pas le problème inverse que j’avais à savoir transférer de Fido vers Vidéotron! Alors pas le choix, faut rejoindre un spécialiste. Mais fallait prendre rendez-vous. Alors je mis ça sur la glace, jusqu’au jour même 14h.

    Eh bien durant l’avant-midi, mon téléphone s’est mis à bipper, affichant que la carte SIM 2 n’était pas configurée. Je ne suis pas venu à bout de vérifier que c’était bien la carte eSIM de Fido. J’ai fini par la désactiver et la carte SIM physique de Vidéotron fonctionnait encore, mais avec le damné numéro temporaire.

    Avant de paniquer et rappeler Vidéotron, j’ai tenté de m’appeler, avec mon téléphone fixe (ligne encore active pour mon système d’alarme) vers mon numéro habituel de cellulaire. Un instant, j’ai bien cru que ça allait sonner dans le vide et commençai à envisager avec furie la nécessité de procéder au changement de mon numéro de téléphone. Plus jamais, me suis-je répété mentalement, plus jamais je ne dois accepter d’offre téléphonique, ça me cause de la misère sans fin à chaque fois! Eh bien au moment où j’étais pour abandonner, cela sonna. Le routage vers mon numéro habituel fonctionnait.

    Une visite sur le site de Fido me confirma que mon compte était désormais fermé. Il y avait là un rappel de mon rendez-vous téléphonique le jour même. Je voulus l’annuler et n’y parvins pas. L’option pour modifier/annuler le rendez-vous affichait une fenêtre ne permettant de sélectionner que le type du rendez-vous. J’ai cherché, essayé plusieurs fois, cherché encore, en vain. Avant de chercher frénétiquement avec l’intelligence artificielle et risquer de me faire envoyer sur de fausses pistes, j’ai essayé avec le lien envoyé par texto dans le rappel du rendez-vous. J’ai alors pu annuler de là, en utilisant mon téléphone plutôt que mon ordinateur.

    Plus tard, peut-être le lendemain, mon numéro habituel était relié à ma carte SIM de Vidéotron et le numéro temporaire n’était plus. C’est ainsi que tout fut bien qui finit bien.

  • ROLI Airwave: another journey of technical issues

    I purchased this new Airwave device from ROLI on November 2024. I knew it would take a couple of months to get the device, similar to my RISE 2, but didn’t think it would take more than a year. It took more time than expected to fully test the device and there were some manufacturing hurdles throughout the process. At least, ROLI provided regular updates to customers and finally shipped the units.

    Friday, November 28th 2025, I finally got the device. Given the time it took to get this device ready, I was hoping for a flawless setup and use. I was deeply mistaken. It took my whole Friday evening to make this work very partially, only with the standalone player, no recording possible unless I switch to the two-computer setup I don’t have room to put up and I want to avoid for years. The next day, I found a solution to make the VST work. Nevertheless, the calibration never completes and the device is pretty limited in the end, although working from an hardware point of view. It is however perfectly possible the Airwave Player software will evolve into a full synth and calibration bugs will get fixed officially eventually.

    What is the ROLI Airwave supposed to do?

    The Airwave tracks hand movements using a camera and translates them into MIDI signals. This adds to the 5 dimensions of air on top of the dimensions of touch. The device detects when hands are raised, bent, moved left or right or twisted. A dedicated software synthesizer, Airwave Player, takes into account the new 5 dimensions of air and the existing 5 dimensions of touch, adding more richness and variations to sound. The Airwave Player has a fixed number of presents, no editor. However, the Airwave produces MIDI CC. With a bit of work, these CC could be mapped to parameters in any other software synthesizers.

    The device looks like on the following picture:

    The ROLI Airwave device sitting on my desk, with my ROLI Seaboard Block M in front of it.

    The Airwave is plugged to computer using its USB C port, with the provided C to C cable or an C to A cable. There is another USB C port to power the device.

    Connectors at the back of the ROLI Airwave. From left to right, minijack audio connector for earphones, jack connector for an expression pedal and two used USB C ports.

    There is a connector for an expression pedal as well as an audio jack, not sure what the jack is used for.

    A MIDI controller, preferably from ROLI, e.g., a Seaboard Block, can be either connected independently to the computer through another USB port, or plugged in one of the front ports of the Airwave using the provided magnetic connectors.

    ROLI Seaboard Block M with the magnetic USB C connector plugged in, ready to be plugged into the Airwave's front port.

    A difficult setup

    When I plugged my new Airwave device, ROLI Connect could not see it, making it impossible to register it. Registration is necessary to get access, from ROLI Connect, to the ROLI Airwave Control and ROLI Airwave Player software. After I passed this hurdle, I was not getting any hand tracking from Airwave Player because I had to create the virtual MIDI port I didn’t know about. This second road block behind, hand tracking was working but I faced issues with calibration; either it is broken, either Airwave Player just doesn’t report calibration is done, letting the user guess it is completed or not. After all these efforts, a wasted Friday evening with a lot of frustration, I was able to try my new device with standalone ROLI Airwave Player, but when trying the VST in my DAW, no hand tracking occurred. I had to find another trick, requiring a basic understanding on how the device works, to get past this.

    Device registration not working

    When I connected my new ROLI Airwave, I heard the usual sound showing Windows detected the device, but it was invisible from ROLI Connect. I tried both USB ports, tried with a USB A to C cable instead of the provided C to C cable, to no avail. I started to think the device was dead on arrival but at least I got confirmation from Device Manager that the device was detected:

    The ROLI Airwave showing up in Windows Device Manager

    The Ultraleap device is the Airwave’s camera. The ROLI Airwave Pedal is a MIDI source mapped with the pedal connector on the device. The presence of the Seaboard Block shows that USB was properly passing from my Seaboard Block M through my Airwave. Despite all this, nothing in ROLI Connect!

    After a while, I found that once again, ROLI Dashboard was broken! Pretty much each time ROLI Connect auto-updates, it kills the ROLI Hardware Driver service instead of leaving it alone or updating it properly. It’s been more than a year this bug exists, I’m not getting why it hasn’t been fixed and how non-techical users are able to deal with the issue. Once again, I had to manually reinstall the ROLI Hardware Driver so ROLI Dashboard started to recognize my devices again.

    After this step, ROLI Connect was able to see and register my new Airwave device. This unlocked ROLI Airwave Control and ROLI Airwave Player which I installed.

    No hand tracking

    After I installed ROLI Airwave Player, I started it. I was able to play notes and experience the 5 dimensions of touch. However, moving my hands in front of the camera had no effect. Searching the Web uncovered the possibility of a broken camera. I started to think I would need to return the device to the manufacturer, which annoyed me a lot.

    The problem was missing virtual MIDI port named ROLI Airwave Expression. I already had loopMIDI installed. I started the tool and created the port.

    I was puzzled about how this works. The ROLI Airwave Service, which I checked was running, is hard-coded to write to that MIDI port. It doesn’t create it, assuming it’s already there. The user has to install some tool like loopMIDI and create the port.

    After that, I was able to try calibrating the device. This is done by starting Airwave Control and clicking on Recalibrate.

    Main window of Airwave Control

    This starts the Airwave Player.

    Airwave Player in calibration mode, asking which device to use.

    I clicked on my Seaboard Block M device and was asked to press on the highlighted keys to calibrate.

    Broken calibration screen asking to hold both keys while three keys (C, F, G) are lit.

    The instructions are quite misleading, asking to press both keys with my index fingers, while three keys are lit up: the C, the F and the G! After I pressed the leftmost C key and the rightmost F, tried G, tried F and G, the screen changed to the following.

    Calibration is "finished" or stuck, asking to try pressing keys closer to the middle of the keyboard.

    Trying to press keys closer to the middle gives no result. Calibration never completes. Fortunately, the device reacts to hand movement, so at least its camera is not broken.

    Some research shows that there was a bug with calibration in prior versions of Airwave Player. I double checked (checked multiple times in fact) I was running latest version, to no avail. Some users contacted ROLI and got special limited availability betas of Airwave Player for which calibration works.

    This process is totally inefficient, for both users and ROLI staff. Users will try calibrating, fail, some will just return the device thinking it is defective, others will report the issue and get the special beta then go on. ROLI staff, on the other hand, will bef flooded with the same request, for multiple users, to get the special beta.

    Question: why not release that beta? If calibration doesn’t complete out of the box, this will confuse many users and could cause unnecessary returns.

    Another possibility is that calibration never completes by design and the user has to guess this is calibrated. This is in my opinion as poor as having users request a special beta individually.

    I hope this issue will get fixed over time or the UI will be clarified. This device has potential, but the shortcomings need to be addressed first.

    At least, I was able to start playing with my new device. It was not just dead on arrival at this point.

    However, I don’t want to just play with the device. I want to record myself. Then enters the DAW: Ableton Live.

    As I was expecting, ROLI provided a VST for Airwave.

    I added the VST to a MIDI track and configured my input as the Seaboard. I tried with the ROLI Airwave Pedal and ROLI Airwave Expression inputs to no avail. Only the Seaboard MIDI input was flowing MIDI into the VST, generating sound.

    As soon as the VST produces sound, it is possible to create an audio track and configure the input of the track to be the output of the MIDI track+VST. This technique records the audio of the VST as is and can reproduce the audio reliably.

    Why not just record the MIDI notes? This is because the VST has a state, i.e., the current preset being selected. If you record just the MIDI, you have to take note of which preset is selected and make sure that preset is the same when you replay your track, otherwise you get different audio.

    All of this worked, same way as with any other VST such as ROLI Studio Player, Arturia’s Analog Lab V, Sampleson Scaper, etc. However, no hand tracking worked!

    Out of the box, this only works with the standalone Airwave Player, not the VST. Solution? Once again, have a two computer setup. I don’t have enough room on my desk to put these two computers and I find such a setup cumbersome.

    So back to square 1, RMA it would be!

    The two computer setup I don’t want

    It’s been several times I’m wondering about that, mainly because of VST instability. If a VST has a bug, it can easily crash the whole DAW, completely ruining recording sessions. For example, Scaper from Sampleson crashes the whole DAW if I change preset too often or too quickly. ROLI Studio Player has a sad history of crashes. Some DAWs like Reaper sandbox VSTs, most don’t. Implementing VST sandboxing would be a major change requiring a lot of refactoring. If VSTs are too unstable and I don’t want to switch DAW, the only remaining solution is to record with one computer and run the plugin on another machine.

    flowchart
       Controller[MIDI Controller]
       Computer1[Computer with player]
       DAC[Digital to analog interface]
       ADC[Analog to digital interface]
       Computer2[Computer with DAW]
       
    
       Controller --> Computer1
       Computer1 --> DAC
       DAC -->|Jack cable|ADC
       ADC --> Computer2

    This setup, while shielding the DAW from VST crashes and working around when only standalone player is available, is quite cumbersome. Having to turn digital audio to analog and back to digital can cause quality reduction unless high end audio interfaces are used. It would be far better to move audio digitally from the two computers, S/PDIF may allow this, but this is not fully reliable.

    The single computer recording trick

    I fortunately found a way to record with hand tracking. I needed to come up with an understanding of how the Airwave works (see next section) to figure this out. Web search or AI would give false information, including the VST cannot play audio, only Airwave Player can track hand movement, etc.

    Main idea is to have two MIDI tracks: the main track taking MIDI from Seaboard device and outputting to Airwave VST, a secondary MIDI track taking MIDI from ROLI Airwave Expression (yes, the virtual MIDI device we created with loopMIDI) and outputting to the primary track. In other words, we need to combine MIDI from two different sources and feed that combined MIDI into the VST.

    More specifically, you first need to ensure MPE is enabled for both MIDI ports and the VST. For this, go to Live’s Preferences, MIDI section, and enable MPE for the MIDI inputs.

    Then create a new MIDI track, adding the Airwave VST to it. Click on the … icon of the VST and turn on MPE.

    Set the MIDI device and do one of the following: arm the track or set monitoring to In. If you arm the track, you will be able to record the MIDI, but if you play a lot with the dimensions of touch and air, this generates over-cluttered MIDI tracks that have a tendency to slow down and even crash Live. Not arming the track is a workaround but you then need to turn on monitoring so MIDI flows through.

    Now create a second MIDI track. Set the input to Airwave Expression and output MIDI to the first track. This time, just set the monitoring to In. All MIDI will land in first track so if you want to capture it, just arm the first track.

    Almost there! Now create the audio track. Set its input as the output of the VST, and arm it.

    You can validate the setup by checking the gauges besides All Channels. If you press keys on your Seaboard, you get activity on first MIDI track. If you move your hands in front of the camera, you get activity in the second MIDI track. If audio works, you get activity in first track and the audio track. Now you can record!

    You should save this non-trivial setup in a template for future use otherwise you’ll fight with Live each time you start a new session.

    Voila. This is how I record at the moment.

    How does it work?

    Following diagram shows the architecture as far as I could guess it. The presence of all these moving parts explains why issues like the ones I experienced can arise.

    flowchart LR
       subgraph ROLI Airwave
          Camera
          MIDI[MIDI interface]
          AirwaveUSB[USB interface]
       end
       AirwaveService[ROLI Airwave Service]
       HardwareDriver[ROLI Hardware Driver]
       VirtualMIDIPort["ROLI Airwave Expression (loopMIDI)"]
       VirtualMIDIPort2["Virtual MIDI port (multi client)"]
       AirwavePlayer[ROLI Airwave Player]
       Dashboard[ROLI Dashboard]
       Control[ROLI Airwave Control]
    
       MIDI --> HardwareDriver
       HardwareDriver --> VirtualMIDIPort2
       Camera & MIDI --> AirwaveUSB
       Camera --> AirwaveService
       AirwaveService --> VirtualMIDIPort
       VirtualMIDIPort & VirtualMIDIPort2 --> AirwavePlayer
       VirtualMIDIPort --> Control
       VirtualMIDIPort2 --> Dashboard
    

    The ROLI Airwave device interacts with a computer using a USB C port. The device has two ports: one used for power through a provided adapter, another used for data. The USB data interface exposes at least two components: a webcam-style camera and a MIDI interface. MIDI can come from an expression pedal that can be plugged onto the device and from Seaboard if plugged to one of the front ports.

    A new system service called ROLI Airwave Service reads from the camera and turns image into MIDI CC, most probably using some form of neural network. The fact that CPU fan runs all the time when device is plugged in lets me believe the processing is CPU-based, while it could make use of my NVIDIA RTX GPU to reduce CPU usage. The MIDI CC from hand tracking is sent into a virtual MIDI port named ROLI Airwave Expression. ROLI doesn’t provide its own MIDI driver for this, rather letting the user install loopMIDI himself and create the port.

    On the other hand, MIDI from the BLOCK devices (Seaboard, Lightpad, etc.) is processed by another service called ROLI Hardware Driver. The driver sends the MIDI data to another virtual MIDI port created by a proprietary multi-client driver.

    This complexity is the result of a limitation in Windows, where any MIDI connection is exclusive. If a DAW reads from a MIDI device, another DAW or dashboard software cannot read at the same time. The ROLI Airwave Expression virtual port is read by both ROLI Airwave Player (or a DAW+VST setup) and the ROLI Airwave Control supposed to participate in the calibration process. The BLOCK virtual MIDI port is read from players (Airwave Player, Studio Player, DAW+VST) and ROLI Dashboard needed to perform settings and firmware updates on the devices. The architecture also allows to consolidate BLOCK devices into one virtual device used by Studio Player.

  • L’autobus qui parfois ne passe pas

    Chaque jam chez mon frère peut se transformer en pèlerinage ou en parcours du combattant. Il y a toujours moyen que pendant le trajet, il se passe quelque chose rendant les choses compliquées: métro en panne, autobus qui ne passe pas, etc. Au début, c’était un irritant nécessaire. Avec le temps, ça s’est transformé en une lutte symbolique contre l’hégémonie de la voiture. Puis plus tard, c’est devenu un élément intégral du rituel du jam.

    Je pars de chez moi suffisamment tôt pour espérer être rendu à Longueuil pour l’autobus 16 vers chez mon frère et si je manque mon coup, il reste la 71 à 19h30 et la 16 à 19h40. C’est le moment de décanter, laisser derrière les soucis du travail, faire quelques exercices de cou pour ne pas devoir retourner consulter en physio surtout durant la grève de la STM. Parfois, quand il me reste assez de patience pour ne pas pogner les nerfs tout de suite aux premiers mots tapés, je peux demander des images inusitées à Copilot ou écrire un message sur Facebook.

    Rendu là-bas, je peux passer du bon temps avec mon frère, me détendre, créer des fresques musicales intéressantes et planantes accompagnées d’improvisation à la basse ou au drum de mon frère, et c’est sans compter le fascinant monde des objets percussifs captés par des micros en tous genres et passés dans un pipeline d’effets. Je voudrais bien que la seule limite soit mon imagination, mais je suis bridé par l’inefficacité de l’ordinateur. Il y a trop de clics nécessaires pour bâtir un pipeline d’effets à partir de rien, c’est trop difficile avec juste l’écran de laptop. Il faut penser à ce genre de choses d’avance et préparer le projet Live chez moi, avant le jour du jam.

    Le retour est un moment de détente et parfois de transe méditative. Je repense au jam, je fabule, je pense à de nouvelles idées pour un prochain jam ou une improvisation musicale chez moi, à un nouveau récit à écrire, etc. J’écris parfois de petits messages sur Facebook, mais c’est agaçant avec le clavier virtuel, donc à petite dose. Cela devient presque comme un jeu. Ça commence avec le trajet en autobus, se poursuit dans le métro et puis se termine par la marche finale vers chez moi. Parfois, je rencontre des gens qui font une partie du trajet avec moi, souvent pas.

    Mais des fois, lors de ces parcours, il se produit un événement imprévu, il se spawn un gros boss, un monstre qu’il va falloir éviter ou péter d’une façon ou d’une autre. Parfois, les imprévus sont évitables, si on fait assez attention, comme me casser les lunettes en fonçant dans un arbre, me péter la canne en la coinçant quelque part ou en fessant sur un poteau par colère, me faire une entorse dans un trou d’arbre, tomber dans une flaque d’eau, me tremper à grandeur et avoir super froid, ou me casser une jambe je ne sais pas trop comment. Mais des fois, par exemple une interruption de service du métro, je ne peux rien faire pour réduire le risque ou éviter que ça arrive. Si ça arrive, il faut dealer avec, au mieux, idéalement avec patience et persévérance, ce que je ne réussis pas toujours. Il y a toujours la possibilité de finir ça en taxi pour sauter la suite du « jeu » si ça devient trop intense ou il n’y a plus d’autre solution.

    Ce vendredi, 7 novembre 2025, me rendre chez mon frère ne se passa pas très bien. En raison de la grève de la STM, mon plan habituel ne fonctionnait pas. Pour passer par le métro Longueuil, il m’aurait fallu partir pas plus tard que 17h45 et espérer atteindre le quai de la ligne jaune, à Berri-UQÀM, pour 18h15, heure du dernier train en service essentiel. De cette façon, j’arriverais à Longueuil vers 18h20, un peu trop tôt pour me rendre chez mon frère. Dans le pire cas, faudra trouver un endroit pour attendre. Il vaut mieux, en plus, partir plus tôt, parce que si je reste coincé à Berri-UQÀM, arrivé trop tard pour la ligne jaune, il ne restera que le taxi, et depuis le centre-ville, ce sera plus long, plus de trafic.

    Je pensais avoir trouvé un meilleur plan: la 170 qui part de la station Papineau. Le dernier départ est à 18h30 et l’autobus est dans le réseau RTL, pas affecté par la grève. Il faut atteindre la station Joliette gros max 18h02, alors départ gros max 17h45, arrivée à la station Papineau entre 18h et 18h30, attente de la 170 à 18h30 et hop. En cas de pépin, un chauffeur de taxi aura moins de mal à atteindre le pont que depuis le centre-ville alors rester coincé à la station Papineau est moins pire qu’à Berri-UQÀM.

    Ce plan a fonctionné une fois vendredi, le 3 octobre 2025, mais j’ai dû attendre 20 minutes pour qu’enfin la 170 passe. J’ai bien cru qu’elle ne passerait pas. J’aurais dû faire plus de calculs; j’aurais constaté que mes deux plans étaient grosso modo équivalents: soit j’attends une demi-heure à la station Papineau, soit je la poireaute au métro Longueuil! Je pensais que le dernier départ de Berri était à 17h45, ce qui me faisait arriver avant 18h au métro Longueuil et idéalement y attendre une heure avant de partir vers chez mon frère. Mais non, 18h15 le dernier départ de Berri!

    Ce vendredi, 7 novembre 2025, ça ne se passa pas bien. D’abord, je craignais manquer le dernier métro et j’ai marché vite, m’accrochant à répétition dans des vélos accrochés à des barrières, mon manteau a frotté tellement sur un vélo que j’ai cru qu’il avait déchiré, mais je n’ai pas trouvé de trou, et devant régulièrement contourner du monde à sens inverse. Je suis arrivé à temps, atteint la station Papineau sans problème, mais rendu là, je ne parvenais pas à retrouver l’arrêt pour la 170. J’ai cherché, des gens m’ont offert de m’aider, mais il ne savaient pas plus que moi où était l’arrêt. Il y avait l’arrêt pour la 45, pour l’autobus qui va vers La Ronde, mais pas de 170. Ce devait être sur une autre rue, selon le gars, mais je n’ai rien trouvé sur l’autre rue! J’avais du mal à m’y retrouver parce qu’il faisait noir et il pleuvait, et je commençais à craindre que la 170 ait été enlevée!

    Finalement, j’ai pu trouver l’arrêt en retournant vers le métro, j’ai marché vers Sainte-Catherine, puis tourné sur Cartier. Proche de Maisonneuve, il y avait l’arrêt que je cherchais et une personne qui attendait. Un autre s’est joint à nous pour attendre l’autobus de 18h30.

    Sauf que 18h30 passa et pas d’autobus. Nous avons attendu là près de 20 minutes en vain. La femme qui était avec nous a fini par téléphoner au RTL et a appris qu’il y avait eu un accident sur le pont et le départ pour la 170 avait été annulé! Oui oui! Il paraît en plus que ça arrive souvent, l’autobus est en retard, et parfois, oui parfois, ne passe pas! Quelle galère!

    Ma compagne d’infortune a regardé si elle ne pourrait pas trouver une voiture Communauto à proximité. J’ai regardé ce que ça impliquerait de faire la grande traversée du pingouin fou: partir, atteindre le pont, le traverser et puis soit atteindre le terminus pour l’autobus ou juste continuer à pied vers chez mon frère. Le trajet complet, à pied, aurait pris au moins 1h10 selon Google Maps et m’aurait laissé à bout, fou furieux, super fatigué. Ça n’en valait pas la peine. Il faudrait au moins le faire de jour, la première fois. Rebrousser chemin m’aurait forcé à marcher, dans le noir, à la pluie, vers chez moi, avec rien que j’aurais rapporté de ma soirée. Si ça avait été l’été ou au moins s’il n’avait pas mouillé, j’aurais peut-être essayé, le pont, mais là, ouin.

    En fin de compte, nous avons partagé un taxi, mes compagnons et moi. On a réussi à convenir d’un endroit où le chauffeur allait nous déposer, nous trois. Au début, ils penchaient vers le terminus Longueuil, ce qui m’aurait obligé à y attendre un autobus qui, pourquoi pas, aurait pu ne pas passer celui-là aussi. Je suis parvenu à les convaincre de descendre à un point plus proche de ma destination, là où la 170 passait en fait. Ils se sont rendus compte que c’était près d’où ils allaient.

    Le jam a été bien plaisant et nous a temporairement soulagés, mon frère et moi, de la déprime de la semaine. Nous avons improvisé, déliré, fabulé, nous sommes amusés.

    Le retour s’est au moins passé sans accroc. Je suis parti de chez mon frère proche de 23h alors le métro rouvrait jusqu’à la fermeture. Si jamais le métro avait été fermé après cette heure, outre le taxi, j’aurais pu coucher chez mon frère, mais le lendemain venu, encore à cause de la grève, j’aurais été obligé de repartir relativement tôt, pour passer avant le dernier départ du matin à 9h45. Je pourrais calculer l’heure maximum d’un tel départ pour réussir à passer, mais ça vaut plus ou moins la peine, j’aime mieux rentrer chez moi de toute façon.

    Vu l’historique de non fiabilité de la 170, que j’ai appris ce soir-là, pour les prochaines escapades du type, je serais tenté de partir gros max à 17h45 de chez moi, idéalement 17h40, pour atteindre Berri-UQÀM pour 18h10 et avoir le temps de me rendre à la ligne jaune, pour le dernier train avant la fermeture. S’il faut finir le trajet en taxi, tant qu’à ça je serais aussi bien prendre n taxi de chez moi et sauter par-dessus tout ce foutoir de boui-boui de tous les diables!

  • Une offre qui crée du stress

    Cette histoire a débuté samedi après-midi, aux environs de 15h. Mon quart de surveillance de Copilot Studio s’était terminé avec un seul appel le matin, mais il restait encore trois jours pendant lesquels je pourrais recevoir des alertes de dégradation de performance, de débordement de mémoire ou d’explosion d’erreurs en tous genres qu’il allait me falloir évaluer comme je peux pour déterminer l’impact et la nécessité (ou pas) d’appliquer un correctif.

    L’appel venait de Rogers. Ils offraient des forfaits avantageux pour essayer de récupérer et fidéliser leurs anciens clients. J’ai hésité, me suis dit que j’étais satisfait avec mon forfait actuel chez Vidéotron, mais là, 25Go pour 30$/mois. Au lieu de dire non et juste raccrocher, ce qui aurait peut-être été mieux vu que j’étais sur appel cette fin de semaine et risquer de perturber la réception de SMS pouvait être pas mal problématique, j’ai demandé ce qu’il fallait faire pour effectuer la migration.

    Le représentant m’a dit qu’il allait suffire de créer/réactiver mon compte et j’allais recevoir un email avec des instructions. Il allait falloir remplacer la carte SIM de mon téléphone. Oui c’est vrai. Mais avec Postes Canada en grève, ça va prendre l’éternité des temps recevoir la nouvelle carte. Il existe peut-être une solution: une carte eSIM. On a vérifié et mon Pixel 8 de Google supportait ce genre de choses.

    Durant l’appel, j’ai commencé à ressentir de l’inquiétude quant à la possibilité de me faire frauder. Le représentant connaissait mes informations personnelles qu’il a confirmées, en particulier mon nom, mon adresse postale et mon courrier électronique. Comme j’ai été client de Rogers dans le passé, ça se pouvait qu’ils disposent de cette information, alors je poursuivis le processus. C’était important de réfléchir à ça avant d’aller de l’avant et surtout, avant de fournir des informations additionnelles! Si un autre fournisseur, par exemple Bell, avec qui je n’ai jamais fait affaire, m’avait appelé avec toutes ces informations, là ça aurait été très suspect.

    Alors on y est allé avec ça. Pour vérifier mon identité, il m’a transféré sur un système sécurisé où je devais entrer mon numéro de carte de crédit, puis il m’a demandé mon numéro de permis de conduire. Comme je n’en ai pas, il m’a demandé mon numéro d’assurance-maladie. Il m’a aussi demandé ma date de naissance. Si ça avait été une personne malveillante, il disposait de pas mal tout ce qu’il fallait pour entamer un vol d’identité, ce qui est épeurant. La procédure effectuée, j’ai eu le email avec les instructions.

    Une activation qui se passe bien

    En gros, le email indiquait d’installer l’application Fido Mon Compte avec laquelle j’allais devoir activer la carte eSIM. Fido? Ben, on m’a parlé de Rogers durant l’appel. Fido et Rogers sont en quelque sorte associés, et j’ai déjà été client de Fido, alors ça tenait la route.

    Pour éviter toute confusion, avant d’entamer l’activation, j’ai éteint mon téléphone et retiré ma carte SIM de Vidéotron. La chose faite, j’ai redémarré l’appareil et tâché de trouver et démarrer l’application Fido. Quand j’ai cliqué pour me connecter en tant qu’invité, c’était pour m’envoyer un code de confirmation via SMS. Ah non, va falloir remettre la carte SIM? Ben oui!

    Avant de faire cela, je suis retourné en arrière et j’ai trouvé l’option pour me connecter avec un compte Fido. J’avais au préalable configuré mon mot de passe, en utilisant mon ordinateur. J’ai utilisé un mot de passe unique, stocké sous Keepass, alors si jamais le nouveau mot de passe tombait entre de mauvaises mains, seul l’accès à mon compte Fido aurait été compromis, pas mon compte Google, Facebook ou pire, mon compte professionnel chez Microsoft! Ouf, si j’avais autorisé un accès permettant à un attaquant de s’introduire dans le réseau de Microsoft, le stress que ça aurait engendré pour moi aurait bien pu m’achever, combiné au stress de la semaine sur appel en cours!

    La connexion établie à l’application, j’ai dû fouiller un peu et puis trouvé comment activer une carte eSIM. Il y avait un bouton sur lequel cliquer et puis tout se figea pendant quelques secondes, pour ensuite m’annoncer que l’activation avait réussi. Mon téléphone se reconnecta alors, au réseau de Fido plutôt que celui de Vidéotron. Yeah!

    J’ai ensuite démarré l’application de Téléphone, appuyé et maintenu enfoncé le bouton 1 et configuré la messagerie vocale. Tout se passa très bien. J’ai aussi reçu un message de bienvenue chez Fido, attestant que les SMS passaient.

    Une très mauvaise surprise

    Tout resta ainsi le temps que j’aille marcher un peu et prenne une bière avec un ami, puis je soupai. Ensuite de cela, je suis retourné vérifier mes courriers électroniques dans le but de retrouver et lire plus en profondeur un message envoyé par mon frère. J’ai alors vu le message de Fido, l’ai ouvert et constaté que le numéro de téléphone n’était pas le bon. Au lieu de transférer mon ancien numéro de Vidéotron vers Fido, on m’a simplement et bêtement attribué un nouveau numéro. Pourtant, le représentant, durant l’appel, m’avait bien demandé si je voulais réutiliser mon ancien numéro et j’avais souligné l’importance capitale de faire ainsi. Sur le coup, j’ai pensé à la nécessité de changer mon numéro de téléphone à plein d’endroits, mais un changement de numéro de téléphone durant une semaine sur appel, c’est une recette pour un désastre.

    Pas tout à fait, fort heureusement! En cas d’incident, je recevrai d’abord une notification de l’application IcM Mobile spécifique à Microsoft. Cette notification ne nécessite qu’un accès à Internet, via wi-fi ou cellulaire, peu importe. Ensuite, si je n’accuse pas réception de l’incident via l’application, ce qui arrive 95% du temps parce que l’interface ne répond pas ou est trop lente, là je reçois le SMS, puis une minute après un appel. Pendant ma période de blackout où mon numéro d’origine était inaccessible, j’aurais reçu les notifications de IcM Mobile mais pas les SMS et les appels. J’aurais donc su qu’il y avait des incidents. Cette histoire montre l’importance de la redondance dans le cas de systèmes critiques.

    Mais peut-être le numéro indiqué dans le message est bidon? J’ai essayé de vérifier sur mon téléphone, non toujours pas le bon numéro. Bon, arrêtons de s’arracher les cheveux avec ça et testons, me dis-je. J’ai alors utilisé mon téléphone fixe, encore actif, pour mon système d’alarme, pour m’appeler sur mon numéro de cellulaire. Boîte vocale immédiatement. Je n’étais plus joignable sur mon numéro de cellulaire.

    Super inquiet, il me vint l’idée que peut-être mon numéro de téléphone avait été volé! Le processus est relativement simple. On me convainc de passer à un forfait alternatif avantageux, on m’attribue un nouveau numéro et on entame le transfert de mon ancien numéro, de ma carte SIM vers une autre carte SIM, pas à moi, ailleurs. On se dit que la victime va penser que c’est normal. Bah, ça va me coûter moins cher par mois, pas mal moins cher, changer mon numéro est un moindre mal. Mais NON! L’attaquant, en possession d’une carte SIM à lui lié à mon ancien numéro, peut alors recevoir les SMS qui me sont destinés et se servir de cette porte dérobée pour provoquer la réinitialisation de mes comptes, allant du simple Google aux comptes bancaires!

    En raison de la faible authentification multi-facteurs mise en place par bon nombre de sites, un vol de numéro de téléphone est une catastrophe majeure. Même les systèmes utilisant une application d’authentification sont vulnérables, car ils offrent la récupération par SMS!

    Je me suis demandé si mon attaquant ne pourrait pas gagner accès à mon compte professionnel Microsoft et je crois que non, car la réinitialisation des informations de connexion à partir de rien nécessite une intervention manuelle du soutien technique qui va vérifier mon identité avant de procéder. Fiou! Sur mon laptop de travail, il y a une clé d’accès protégée qui permet de se brancher aux systèmes de Microsoft, sans devoir à chaque fois m’authentifier avec un mot de passe et Authenticator, alors fort possible que je pourrais utiliser ça pour reconfigurer Authenticator sans passer par le soutien technique. Mais si j’égarais et mon téléphone, et mon laptop, là il faudrait intervention humaine.

    Alors au pire, en cas de vol de numéro de téléphone, il aurait fallu me brancher sur mon laptop de travail, accéder à l’application IcM et modifier mon numéro dans mon profil, le pointant vers un numéro jugé stable et fonctionnel, tests à l’appui. Ensuite, j’aurais été obligé de passer la soirée et une partie de la journée du lendemain à changer mon numéro ailleurs, surtout sur Google parce que quelqu’un qui compromet mon compte Google pourrait réinitialiser des mots de passes sur mes autres comptes, en utilisant la récupération par email. AHHHH! Oui oui, c’est aussi simple et terrible que ça! Les comptes bancaires, il faut aussi veiller à mettre à jour le numéro de téléphone associé, au plus vite, pour colmater de possibles brèches là aussi.

    Alors super anxieux, craignant le pire, j’ai éteint à nouveau mon téléphone et réinséré la carte SIM de Vidéotron. J’ai eu plus de misère qu’en après-midi parce que j’étais nerveux, mais j’ai évité le pire, comme par exemple échapper la petite carte par terre; j’aurais eu du mal infini à la retrouver seul vu ma déficience visuelle. La carte, si elle tombe au sol, ne fera aucun son, trop petite, ce qui rendrait inefficace toute stratégie de réduction du champ de recherche basée sur le bruit de l’objet tombé au sol. Sur le coup, aurais-je pensé, dans un tel cas, tenter d’activer une carte eSIM depuis le site de Vidéotron? Pas sûr.

    La carte réinsérée, j’ai redémarré mon appareil, qui m’a alors demandé de choisir quelle carte SIM je voulais utiliser. Oui oui, le Pixel 8 peut accueillir une carte SIM physique et une ou plusieurs eSIM! Mon numéro d’origine toujours associé à la carte Vidéotron, j’ai choisi cette carte, pour les appels, les SMS et les données. Je retestai en m’appelant depuis mon téléphone fixe et ça sonna. Yeah!

    Sur mon mobile, en haut à gauche, c’était maintenant écrit Vidéotron – Fido. Mon appareil pouvait apparemment se connecter aux deux réseaux. Un SMS est apparu: le message avec le code de confirmation quand j’ai cliqué pour me connecter comme invité. Toujours inquiet, je me suis demandé si Vidéotron n’aurait pas pu détecter la tentative de transfert de carte SIM et m’avoir appelé pour me signaler la possible fraude. Alors j’ai vérifié mes messages vocaux, sur ma boîte fixe et mobile.

    Bon mais là, si j’appuie sur 1 sans lâcher, ça va où? Dans ma boîte mobile Vidéotron ou ma nouvelle boîte Fido? Ok, on va tester: je me rappelai encore, depuis mon téléphone fixe, et me laissai un message. La chose faite, j’ai démarré ma messagerie vocale et n’y ai trouvé que mon message. J’étais donc sur la messagerie mobile Vidéotron et aucun message d’un représentant client. Mon GMail ne révélait rien non plus. Bon ok, considérons l’incident comme mitigé pour l’instant, l’impact ayant été contrôlé, et on va réparer plus tard, pour compléter le transfert ou annuler ce forfait Fido pour garder Vidéotron.

    L’inquiétude grandit

    Le lendemain matin, dimanche le 28 septembre 2025, je me questionnais et me torturais toujours l’esprit à propos d’une possible tentative de vol de carte SIM. Peut-être l’attaquant va réessayer et ça va finir par réussir. Un moment donné, je découvrirai avec exaspération que mon téléphone n’accepte que les appels d’urgence et que ma carte SIM de Vidéotron est inopérante. Solution? Basculer sur la carte eSIM de Fido et vivre avec un nouveau numéro de téléphone.

    Avec l’aide de Perplexity, j’ai appris que mon hypothèse d’arnaque était plausible et qu’il valait mieux contacter Vidéotron ou Fido, voire les deux, pour clarifier tout ça. Mon nouveau compte Fido était au moins légitime, car la connexion se faisait depuis fido.ca, pas un site bizarre, et la carte eSIM qui m’a été attribué fonctionnait. Alors peut-être le plus simple à faire serait de les contacter pour compléter le transfert de numéro et en cas de transfert impossible, peu importe pourquoi, annuler tout ça. Grâce à Perplexity, j’ai pu facilement obtenir les heures d’ouverture du service à la clientèle de Vidéotron et Fido et les numéros de téléphone. Le service n’ouvrait qu’à 9h le dimanche.

    Rendu là, j’ai appelé pour me heurter à un système automatisé. J’ai tenté d’indiquer ce que je voulais, ok, on y va avec le transfert de numéro. Le système a pu vérifier que le numéro était éligible au transfert et puis me demandait le numéro de compte de Vidéotron. Quand j’ai dit ne pas l’avoir entre les mains, ça a voulu planifier un rendez-vous avec un représentant mais seulement mercredi! Ben là, non!

    Exaspéré et de plus en plus stressé, j’ai cherché encore un peu et découvert qu’on pouvait initier le transfert en ligne, depuis le site de Fido. J’ai cherché, cherché, pas moyen de trouver l’option. On pouvait changer de forfait, changer de téléphone ou configurer la méthode de paiement.

    Oh non, le paiement était manuel. Mon numéro de carte de crédit n’a pas été configuré dans le système. Mais pourquoi alors me l’a-t-on demandé la veille? Super inquiet, j’interrompis ma fouille sur le site de Fido et m’en allai fouiller sur le site de Desjardins, pour vérifier mes transactions de carte de crédit. Par chance, il n’y avait aucune transaction suspecte depuis la veille. Si je m’étais fait frauder ma carte de crédit, j’aurais été obligé de contacter Desjardins pour la faire annuler.

    La vérification de ma carte de crédit faite, j’ai cherché encore sur le site de Fido. J’ai trouvé comment transférer le numéro dans les options d’utilisation de mon forfait. La procédure est assez simple en fait. On indique le numéro d’origine puis le numéro de compte du fournisseur d’origine. J’ai pu retrouver ce numéro en me branchant sur l’Espace Client de Vidéotron. La vérification faite, j’ai eu confirmation que le transfert allait être entamé.

    Sur mon téléphone, utilisant la carte SIM de Vidéotron, j’ai eu un SMS me disant qu’un transfert avait été tenté et je devais répondre OUI pour l’autoriser. Si cette demande était non sollicitée, on me recommandait de contacter Vidéotron. Alors comme c’est moi qui ai initié le transfert, j’ai répondu OUI. Ensuite, rien ne s’est passé.

    Sur le site de Fido, on indiquait qu’en cas de demande de transfert hors des heures d’ouverture, le transfert allait se faire le jour ouvrable suivant. Bon, ça va se passer le lendemain matin tandis que je serai occupé au travail. Yeah, bravo! Un peu agacé de ça, je ne pus rien faire d’autre qu’attendre.

    Mais quelques minutes plus tard, mon téléphone se mit à bipper à répétition, affichant une notification comme quoi la carte SIM n’était pas configurée. Ok. J’ai tenté de vérifier la configuration. Mon numéro n’était plus lié à la carte Vidéotron, mais ma carte Fido, virtuelle, avait encore le nouveau numéro. Et ça ne cessait de bipper, répétant de configurer la carte SIM.

    Avant de céder à la panique et me rendre en catastrophe dans une boutique, au pire la Cabine T au centre Eaton où ils m’ont aidé à configurer mes premiers téléphones, j’ai essayé de désactiver ma carte SIM Vidéotron dans les options. Avoir eu à partir en expédition pour faire arranger ça, j’aurais été mort de stress à l’idée qu’il y ait un appel de la job pendant mon périple! Au moins, me consolai-je, ce n’est pas arrivé pendant une journée de grève de la STM. La carte eSIM Fido a pris le relais la carte Vidéotron désactivée, et puis hop, le transfert de numéro s’est terminé!

    Tous les tests montrèrent ensuite que les SMS et les appels vers mon ancien numéro vont vers mon téléphone utilisant mon nouveau forfait Fido. Rendu là, c’était écrit Fido, plus Vidéotron – Fido.

    Pour bien faire les choses, je pourrais retirer ma carte SIM Vidéotron, plus nécessaire, mais ça ne presse pas de le faire.

    Conclusion

    Il n’y avait pas d’arnaque finalement, mais tout ça a été une belle leçon de cybersécurité. Il est toujours bon de réfléchir à comment nos informations personnels et nos données de connexion peuvent être compromises, les conséquences en cas d’attaque et ce qu’on peut faire pour contrôler l’impact. Il faut toujours y penser, toujours rester vigilant. On nous fait faire régulièrement des formations de cybersécurité au travail, mais rien ne bat une expérience pratique, sur le terrain! Je dois garder à l’esprit que ça aurait pu être pire, bien pire, mais je suis soulagé que la situation se soit résolue et qu’il n’y ait pas d’impact autre que ce stress.

  • Couper des arbres pour vendre du bois

    Maudit que j’haïs ma job! Je dois me lever à l’aube, idéalement plus tôt encore pour ne pas être vu sinon on me crie d’arrêter, partir en forêt avec mon pick up et puis couper des arbres à la hache. Chaque arbre coupé, je dois le transporter à la sueur de mon front vers mon pick up où j’ai installé ma fendeuse, former des bûches et puis lorsque mon pick up est plein de bois, partir en ville et tenter de le vendre.

    C’est vraiment horrible comme job. Soit il fait super chaud, soit il fait super froid, soit il pleut et je finis tout trempé. J’ai mal partout, parce que je ne suis pas assez habitué au travail physique, surtout à la hache. Le seul point positif est le sentiment de puissance lorsque je frappe sur un arbre à la hache. Ça défoule, c’est incroyable.

    Je réussis parfois à vendre mon bois, souvent pas, parce que les gens ne chauffent plus au bois. Les entreprises ne veulent pas acheter mon bois, parce qu’il n’a pas été coupé par un « professionnel » accrédité! Oui oui!

    Pire encore, après un mois, la police est venue m’arrêter parce que je ne coupais pas les bons arbres. J’ai eu beau expliquer que je ne faisais que ma job, je ne faisais que couper des arbres pour vendre du bois, il n’y eut rien à faire. Je fus arrêté pour destruction de biens publics. Hein?

    Pourtant, cette idée fonctionne très bien dans des jeux comme Medieval Dynasty. J’ai entendu parler d’un aveugle qui a transposé de quoi d’un jeu appelé Myst IV pour se bâtir un modèle mental à base de sphères qui lui permettait de s’orienter dans des lieux ouverts, incluant des hôtels où avaient lieu des conférences et des festivals. Je ne comprends pas c’est quoi ce système-là, ça a l’air super complexe, alors je me suis dit qu’une idée simple, comme couper des arbres pour vendre du bois, allait fonctionner? Ben non.

    Plus personne ne veut m’engager parce que je me suis retrouvé condamné pour voie de fait après avoir bûché un zozo qui m’a foncé dedans lors d’une marche et m’a administré un coup de poing par représailles. J’ai snapé, la colère l’a emporté et j’ai vargé sur le gars jusqu’à temps qu’il ne bouge plus. À l’hôpital ils ont réussi à le sauver de justesse (sinon j’aurais été accusé d’homicide involontaire, pas juste voie de fait), alors il a pu témoigner contre moi et ça a anéanti toute chance d’absolution même conditionnelle. De toute façon, il y avait trois autres passants qui ont témoigné et une personne qui a filmé avec son téléphone; je n’avais aucune chance. Maudit que ça a fait mal au cœur voir cette vidéo-là, et ils l’ont fait jouer plein de fois durant le procès, s’arrêtant à différents endroits pour poser des questions. Pris avec un dossier criminel, je suis bloqué partout.

    Tout ce qu’il me restait, avant d’aller sur le BS pour payer un HLM et quêter pour le reste, c’était couper des arbres pour vendre du bois, et cela m’a été refusé aussi.

    Maudit que j’haïs ma job! Maudit que j’haïs ça!

  • Retour au parc Jarry

    Ma première visite du parc Jarry a eu lieu le 5 octobre 2023. Voir même lieu différentes expériences pour tous les détails.

    Vendredi, le 6 juin 2025, le comité social de Microsoft Montréal a organisé un pique-nique au parc Jarry. Il y aurait là de la pizza, des collègues à rencontrer, des jeux qui ne m’intéressaient guerre comme volleyball, pickleball, etc., et des activités pour enfants qui me laissaient indifférent. Je me suis dit que ce serait une bonne idée d’y aller, pour profiter du beau temps et discuter avec des gens. Malheureusement, ça n’a pas été super du tout.

    D’abord, même si des gens que je connaissais y allaient, ça ne changerait pas grand-chose, car ils partiraient soit du bureau, soit de chez eux. Il y avait peu de chances qu’on pusise se rejoindre à un métro et marcher de là. Aller au bureau, ça ne me tente plus du tout, car à chaque fois, il y a un nouveau problème pendant la marche du métro Beaubien à l’édifice sur Marconni. Soit je manque un point de repère et continue trop loin, me donnant de la misère pour retrouver mon chemin, soit des travaux bloquent le passage. Il faudrait quasiment que quelqu’un vienne me chercher au métro à chaque fois, ce qui ne ne convient pas à personne. En plus de ça, ce vendredi, je prévoyais faire un jam chez mon frère. Si j’étais allé au bureau, il m’aurait fallu amener deux laptops (celui de la job, le mien pour exécuter Ableton Live), mon Seaboard, des câbles, un lunch, etc. Souvent, mon sac à lunch n’entre pas dans mon sac à dos et je suis pogné à traîner ça dans une main, la canne dans l’autre. C’est moins pire que l’hiver avec les souliers à amener dans un autre sac, mais c’est moche pareil, surtout sachant que plein de monde ne se cassent pas la peine, prennent leur voiture et ça va mieux comme ça.

    Me rendre au parc Jarry a été la partie facile. Il m’a suffi d’atteindre la station Jarry, sur la ligne orange, sortir et marcher sur Jarry. Pour trouver la bonne direction, j’ai regardé sur Google Maps pour trouver des commerces devant lesquels je passerais. La Banque Nationale, une restaurant, une brasserie, la rue Berri, la rue Saint-Denis. Rendu sur place, j’ai eu de la misère un peu, mais avec Lazarillo, j’ai pu avoir en temps réel des indications tout en regardant où j’allais, plutôt que switcher constamment de mon téléphone à l’environnement. La direction établie, j’ai éteint Lazarillo pour avoir moins de distraction et sauver de la pile, et puis avancé en ligne droite.

    La stratégie de la ligne droite porta fruit. À ma gauche le paysage changea, les bâtiments laissant place à de la verdure. Une validation sur Google Maps plus tard, je savais que je venais de passer l’intersection Saint-Laurent/Jarry si bien qu’il était temps de retourner visiter cet endroit qui m’a fait marcher sans fin pour rien en 2003.

    Ils ont parlé de vollleyball alors ma première idée était d’atteindre le terrain de volleyball de plage. Ils ont vers la fin de la semaine posté un plan sur une page interne avec indiqué le lieu de rendez-vous, et c’était proche du volleyball. Alors je suis allé là, mais rien. J’ai cherché un peu aux alentours, en vain, alors j’ai allumé mon téléphone et tâché d’aller rechercher le plan. Il était sur une page Loop si bien que ça a fini que j’ai dû installer l’application Loop, dans mon profil de travail sur mon téléphone. J’ai fini par l’avoir, mais dès que j’approchais pour lire de quoi, ça changeait de position ou ça s’efaçait. Je pouvais zoomer en écartant deux doigts, mais je ne parvenais pas à déplacer le point de vue sur l’image agrandie. Une analyse laborieuse de l’image me donna trois points de repère formant un triangle. Le lieu de rencontre était proche d’un stationnement, de l’atelier Culture Vélo et du stade IGA. Je vins à bout de trouver le stationnement mais pas les deux autres lieux.

    Plus je me promenais pour essayer de chercher, plus je me faisais déranger par des gens qui m’offraient de m’aider. Si j’indiquais ce que je cherchais, par exemple l’atelier Culture Vélo, la personne ne comprenait pas et me faisait répéter, deux, trois, quatre fois, sans fin. Je finissais par remercier la personne et m’éloigner pour ne plus me faire boguer, puis plus tard d’autres s’essayaient. Ça a fini que je répondais non merci tout de suite, sachant déjà ce qui s’en venait.

    Plus ça allait, plus j’étais en maudit. J’essayais de me rendre à l’atelier Culture Vélo, peut-être proche du lieu de rendez-vous, mais l’accès était bloqué par des clôtures. Il y avait tout un périmètre du parc clôturé, interdit d’accès pour cause de travaux de réaménagement. J’ai dû contourner toute la zone, traverser un petit boisé qui me permit de me faire rager un peu plus en me coinçant dans des branches, j’ai fini par atteindre l’atelier, personne proche.

    De retour, après avoir erré, sur la rue Jarry, j’ai songé juste partir tout droit, retourner au métro et partir pour Longueuil. Mais il était encore tôt, genre 17h. J’allais aboutir au métro trop tôt et devoir attendre et broyer du noir jusqu’à 19h10, où je prendrais l’autobus en route vers chez mon frère. J’aurais pu essayer de me rendre là-bas plus tôt, mais ils seraient occupés dans le souper et avec les enfants, pas stratégique mais mieux peut-être qu’attendre bêtement au terminus.

    Ah, c’était le moment d’entreprendre le pèlerinage exploratoire du pénitent! Au lieu de me rendre au métro Longueuil, j’aurais pu atteindre la station Papineau et de la, prendre le temps de chercher comment accéder au pont, marcher sur le pont jusqu’à Longueuil et puis prendre le temps d’examiner ça comme il faut pour avoir un trajet bidirectionnel entre l’accès au pont et le terminus, et l’accès au pont et chez mon frère! Wow! Je me dis au moment d’écrire ces lignes, peut-être plus tard cela changera, qu’un tel modèle mental me serait utile en cas de grèe illimitée de la STM. Ça me donnerait un plan de dernier recours en cas d’arrêt total des transports en commun, vraiment le pire des pires scénarios. Si je suis prêt à ça, me dis-je, je serai prêt à moins pire, non? L’accès au pont permet aussi, avec encore un peu d’effort, peut-être beaucoup d’effort, d’établir une jonction vers le Piknic Électronique. Si je peux atteindre le pont, au lieu de marcher jusqu’à Longueuil, je pourrais m’arrêter à Jean-Drapeau et marcher jusqu’au terminus, puis au lieu du Piknic. Comme ça, une potentielle grève illimitée de la STM avec aucun service la fin de semaine ne m’empêcherait pas, si je fais preuve de patience et de persévérance, à rentabiliser ma passe de saison 2025! Yeah! Mais bon, si j’ai la chance de trouver des amis qui y vont avec moi, pas besoin de tout ça! Ben non! Au lieu de penser à ces choses-là, qui me seraient bien utiles à long terme, j’ai stresé et frustré, sans fin, assez qu’un moment donné je me suis demandé si un policier, appelé par des gens inquiets, n’allait pas m’intercepter! Oui, c’était rendu à ce point-là, du moins j’en eus l’impression.

    Je me suis arrêté, posant ma canne et mon sac dans le gazon, pour faire le point, tenter d’élaborer une nouvelle stratégie. Je vais supposer que le rendez-vous s’est fait proche du stationnement pour accommoder ceux qui décideraient de venir en voiture. Plus pratique pour ceux qui voudraient emmener chaises, couvertures, enfants avec leurs jouets, etc. Je suis tombé sur un groupe de personnes, dans un endroit semblable à une ilôt de verdure autour de chemins en gravelle ou en asphalte. ¨Ça pouvait être ça, mais je trouvais qu’il y avait trop de gens qui parlaient une langue étrangère, peut-être espagnol. Quelqu’un m’a offert si je voulais manger. J’ai appris qu’ils célébraient une fête du mouton si j’ai bien compris. Il me prit brièvement l’envie un instant de dire fuck off la gang de Microsoft, mais j’avais l’impression de profiter de ces gens en mangeant à une fête qui n’avait pas de sens pour moi. Je me sentais presque comme un itinérant si j’avais accepté la nourriture de ces gens. Avoir eu de la nourriture à partager avec eux, là ça aurait établi la balance de la justice et fait de quoi de bien! Mais je n’avais rien sur moi, comptant sur la pizza au pique-nique de Microsoft. Quand je pars comme ça avec un sac à dos, moins il y a de trucs dans le sac, plus c’est léger à transporter et plus, aussi mais peut-être même surtout, les trucs dans le sac sont plus faciles d’accès. Si on jamme pack tout ça, il faut parfois quasiment vider le sac pour aller chercher de quoi, surtout si on fait ça vite pas stratégique. Chaque fois qu’on vide le sac, on risque de laisser derrière de quoi. À noter que des systèmes d’organisation existent, comme remplacer ce sac a dos fourre-tout par une mallette compartimentée, mais le conteneur sera alors plus volumineux, plus encombrant à transporter, et des fois même plus lourd. On ne s’en sort pas, tout est question d’équilibre et de compromis.

    Alors j’ai poursuivi ma route, et peu après un collègue de Microsoft m’a reconnu et est venu à ma rencontre. Il cherchait lui aussi l’endroit. Nous avons marché un peu et il a trouvé une affiche indiquant « équipe Microsoft ». Nous y sommes allés, j’avais enfin réussi. 17h50, plus d’une heure d’errance pour aboutir!

    Je fus récompensé par de la pizza, un beigne et quelques discussions qui restèrent plutôt en surface. Personne de mon équipe, personne que je connais, peu de gens travaillant sur Copilot Studio avec qui partager des expériences, plusieurs parents avec leurs enfants. Il y avait du potentiel pour mieux, pour plus. Mais ça pouvait tout aussi bien ne pas aller plus loin que ça si bien que je ne pus me résoudre à sacrifier le jam pour cette recherche de la perfection.

    Je suis parti à 18h45 tandis que mon plan initial prescrivait un départ au gros max 18h30 sinon plus tôt. Je me suis retrouvé sur Saint-Laurent au lieu de Jarry. Quand je suis sorti par le stationnement, je croyais être sur Jarry, mais non, il y a apparemment plus d’un stationnements. Celui sur Saint-Laurent était presque vide comparativement à celui sur Jarry en après-midi. Heureusement, une couple de validations avec Google Maps et j’étais en direction coin Saint-Laurent/Jarry, et tourner à droite sur Jarry me permit de continuer tout droit vers la prochaine étape de mon parcours: la station de métro Jarry. Cela se fit bien, sans ralentissement majeur et surtout sans colère.

    Je n’ai pas perdu trop de temps dans le métro à chercher les escaliers, les tourniquets, la direction à suivre pour m’en aller vers Côtes-Vertu, je ne me suis pas trompé de direction, il n’y a pas eu d’attente démesurée entre les stations. Malheureusement, j’ai manqué le départ à Berri pour la ligne jaune, ce qui me valut de manquer l’autobus de 19h30. Heureusement, il y avait celui à 19h40 alors la jam chez mon frère fut sauvé, à peine retardé. J’étais bien content. Avoir manqué celui de 19h40, ça pouvait arriver que j’aie à attendre 20h10, ce qui aurait chipé encore un peu plus de temps sur notre jam.

    La prochaine fois qu’un tel événement se produira, il faudra me demander ceci: si personne ne peut me prendre à un métro, si je ne veux pas me taper le trajet vers le bureau pour qu’on se rejoigne là-bas, quelqu’un pourrait-il simplement, rendu à l’événement, partager sa position sur Google Maps avec moi? Comme ça, j’essaierais de le rejoindre et je pense que ça fonctionnerait. Sur la table, proche du haut-parleur Bluetooth qu’ils ont mis pour faire jouer de la musique, n’y aurait-il pas eu place pour un Air Tag émettant un signal GPS? Il me faudra creuser ces idées-là si je ne veux pas que ce scénario se produise encore et encore, jusqu’à ce que tanné, je cesse d’aller à ces activités.

  • La vérité perdue

    Samedi, 10 mai 2025, un terrible drame est survenu dans un condo au centre-ville de Montréal. Cela faisait quelques temps que James ressentait des petites douleurs dans la poitrine, des mots de tête et sa vision se troublait, parfois allant même jusqu’à ce qu’il voie double. Il en a parlé à son médecin, et s’est fait prescrire un suivi pour sa tension artérielle et une médication. On a pu trouver une dose adéquate pour réguler la tension artérielle de James, mais la tension remontait régulièrement. James avait un rendez-vous prévu en ophtalmologie, mais il y avait six mois d’attente!

    Ce samedi, James travaillait sur une peinture quand soudain, une vive douleur à la poitrine lui a pris. La douleur était dix fois plus intense que les précédentes, à tel point que James avait de la misère à penser et à respirer. Il se coucha au sol, prit de grandes respirations, espéra que ça allait passer, mais non, la douleur persista et plus ça allait, plus James avait de la misère à respirer. James essaya de poser sa main sur son cœur, comme si ça allait soulager la douleur, mais cela ne changea rien. Nul doute possible, se dit James, il allait falloir appeler le 911.

    James se sentait tellement mal qu’il eut du mal à se relever. Un instant, à bout à cause de toutes les déceptions et frustrations qui s’étaient accumulées pour lui depuis des années, James songea juste rester allongé et se laisser aller. Son cœur, au pire, allait lâcher et ce serait fini, ce serait réglé, ce serait tout.

    Mais James se dit la chose suivante: non, ce ne sera pas ma job qui va me tuer! Non, ce n’est pas vrai que mon frère plus jeune que moi, ma sieur plus jeune que moi, vont survivre et moi je vais crever comme un chien! Mes parents ne s’en remettront jamais si je pars comme ça, se dit James. Je vais me battre, se dit James. Alors James se leva d’un bond, parvint tant bien que mal à tenir debout, se dirigea vers son téléphone et le saisit.

    James alluma l’appareil et glissa son doigt sur l’écran pour accéder au clavier numérique. Au moment où James voulut appuyer sur le 9, sa vision se brouilla. Il tenta d’appuyer au hasard, ce qui échoua. James essaya « Ok Google, 911 », ce qui échoua aussi. Il tenta d’appuyer au bas de l’écran, pour déclencher un appel d’urgence, et puis il se mit à avoir super super super chaud, lâcha l’appareil et perdit conscience.

    C’est seulement trois jours plus tard qu’on le retrouva, mort, par terre. Les employeurs de James s’inquiétèrent de son absence subite sans préavis et finirent par contacter le numéro d’urgence qu’il leur avait donné. Cela permit d’avertir la mère de James de son absence. Les parents de James tentèrent de l’appeler, pas de réponse, s’inquiétèrent et vinrent voir, pour constater l’horrible drame.

    Il y eut enquête du coronaire et autopsie. Cause de la mort: crise cardiaque. Au sol, à portée de main, il y avait le téléphone de James. Il aurait pu appeler des secours et ne l’a pas fait, alors les autorités conclurent à son suicide. Oui oui.

    Au début, la famille de James rejeta cette hypothèse. Non, James ne s’est pas suicidé. Il ne se serait pas laissé aller, il se serait battu. Malgré les difficultés, notamment un cancer des ganglions, une fracture de la cheville à cause d’une maudite tempête de neige, la perte de son emploi, sa rupture avec sa femme, la mort de son petit chat, James a persévéré, s’est battu, s’est relevé. Pourquoi, là, aurait-il laissé tombé? Personne ne pouvait le croire.

    Jusqu’à ce qu’on retrouve les écrits…

    James avait laissé sur son ordinateur une stock pile de récits tous plus macabres les uns que les autres. Il décrivait entre autres tout le processus entrepris par un père pour enseigner à son enfant comment devenir tueur en série, pour que son « art » se transmette de générations en générations. On y trouva l’histoire d’une mère paralysant ses enfants par magie pour pouvoir se shooter tranquille dans la cuisine tandis qu’ils regardaient « au calme » un film dans le salon, assis les uns par-dessus les autres, incapables de bouger. On trouva des histoires de bagarres contre la police parce que James avait décrété que non, jamais, il n’irait en prison, de magistraux pétages de plombs avec beaucoup de casse, etc.

    Chaque récit lu instilla le doute dans l’esprit des proches de James. Ses parents finirent, exaspérés, par se ranger du côté de la thèse du suicide, et ne comprenaient pas pourquoi il avait fait ça, pourquoi il s’était laissé allé. Ils se demandaient si c’était leur faute, ce qu’ils auraient pu faire pour éviter ce drame, et ne trouvèrent jamais. Seul le frère de James continua à penser que non, jamais il ne se serait laissé aller.

    James, arrivé prématurément dans le Royaume des Cieux, ne pouvait communiquer efficacement avec les autres âmes. Il allait devoir apprendre à la dure ce qu’il aurait pu acquérir plus facilement sur Terre, s’il ne s’était pas laissé aller. Lui aussi se demanda s’il aurait pu faire plus, s’il aurait pu faire plus vite, s’il aurait pu s’il avait vraiment voulu composer à temps le 911 et appeler les secours. Même ses grands-parents ne pouvaient croire à sa version et appuyaient la thèse du suicide! Seule une communication d’esprit à esprit pouvait permettre de transmettre la vérité, et à cause de sa mort prématurée, James ne put s’élever au niveau suffisant pour l’établir. En tout cas, pas tout de suite.

    Et même si un jour il réussissait, il allait devoir attendre que sa famille rejoigne à son tour le Royaume des Cieux pour pouvoir leur parler, leur dire la vérité, et il faudrait que les esprits des membres de sa famille puissent se raccorder au sien, pour que le courant passe et la vérité se transmette.

    Et si James avait voulu survivre pour les bonnes raison, aurait-il pu réussir à téléphoner? Ne pas laisser son employeur le tuer, ne pas être le premier des enfants à partir, ce sont certes de bonnes raisons. Mais mieux encore, c’est de pouvoir continuer, sur Terre, la formation de son âme, en préparation au Royaume des Cieux. Ce que James n’a pas pu apprendre sur Terre, en raison de sa mort prématurée, il devra l’apprendre dans les Cieux, mais ce sera plus difficile. De la même façon qu’un bébé né prématurément peut avoir du mal à respirer, avoir besoin de chirurgies diverses, etc., un esprit détaché prématurément de son corps peut avoir du mal à interagir avec les autres esprits et devra, à la dure, apprendre l’amour, l’empathie, la compassion, l’honnêteté, l’importance des actes bons bien plus grandes que celles des vides paroles.

    On espère tous qu’un jour James pourra établir la vérité pour le plus d’âmes possibles. Mais Dieu, dans son infinie sagesse, son infinie bonté, sait, connaît la vérité. James a oui, un instant, songé se laisser aller, mais il a voulu se battre, sincèrement.

  • Dilatation temporelle

    Cette aventure particulière a eu lieu le vendredi, 10 janvier 2025. Ce spectacle sous le dôme à la SAT, avec Paurro aux commandes, a été génial. Ça m’a tenté de rester là plus longtemps, mais je voulais sauver ma journée du samedi, alors je suis parti vers 1h50. Selon l’application Transit, l’autobus 355 que je visais passait dans 25 minutes. Je craignais devoir attendre sans fin pour récupérer mon manteau au vestiaire et il y avait possibilité que je me mélange et ne parvienne pas aussi facilement que prévu à l’arrêt de bus, et le manquer pouvait me couter une heure d’attente.

    En fin de compte, récupérer mon manteau se fit plus vite que prévu, car quelqu’un du staff m’a remarqué et m’a fait contourner la file. Je n’aime pas beaucoup faire cela, mais bon, tant pis. En plus de ça, je n’eus pas à chercher longtemps pour l’arrêt. Sorti de la SAT, j’ai comme planifié tourné à gauche, puis marché sur Saint-Laurent, jusqu’à atteindre René-Lévesques. Le boulevard est facilement identifiable: plus large que les autres rues, feux de circulation. Rendu là, il suffit de traverser Saint-Laurent et René-Lévesques pour atteindre l’arrêt pour la 355 nord.

    Rendu là, selon Transit, il restait 15 minutes pour que l’autobus passe. J’ai passé une partie de ce temps d’attente dans l’abri-bus, pas chauffé, mais il n’y avait pas de vent là-dedans. J’avais l’impression que plus de dix minutes s’étaient écoulées, mais selon Transit, il restait encore 11 minutes. Ah que c’est long. Puis après ce qui me sembla dix autres minutes, il restait 8 minutes. Puis dix autres minutes plus tard, il me fallait attendre un autre 5 minutes. Suis-je en train de devenir fou ou quelque chose cloche? Je commençais à trouver qu’il faisait froid un peu aussi.

    Plutôt que vérifier l’heure de l’autobus, je continuai à regarder Transit, prêt à sortir de l’abri-bus quand il resterait une minute environ. Un autobus passa, je sortis vérifier: 747, ah non ça faut pas monter là-dedans, ça va à l’aéroport. Puis vint le moment où il ne restait qu’une minute. J’attendis là, debout, sur le trottoir, ce qui me sembla une minute, regardai encore, et Transit m’indiquait encore une minute. Ce manège se répéta au moins trois fois. Soit mon esprit percevait l’écoulement du temps différemment de l’habitude, soit quelque chose clochait avec l’autobus ou l’application.

    Ok, il y a quelque chose qui cloche là, ce n’est pas normal que ce soit aussi long, et maudit qu’il fait froid! Transit affiche le temps d’attente avant les prochains départs, mais si on clique pour obtenir plus d’heures de départ, là il nous donne les heures absolues. Plutôt que dans une minute, je sus que la 355 arriverait à 2h33. Déjà, c’était plutôt étrange. Si, à 1h50, quand je me suis apprêté à sortir de la SAT, il restait bel et bien 25 minutes avant le prochain passage, l’autobus aurait dû passer à 2h15, non? On parle ici d’un retard de presque vingt minutes, agaçant un peu mais fort possible. Il se pouvait aussi que l’application soit boguée, incapable d’évaluer les durées correctement. Et maudit qu’il faisait froid! Pourtant, il n’y avait pas de chaussée glissante, brouillard, neige, etc. Il faisait juste froid, ce qui au pire empêche certains véhicules de démarrer, mais un coup en marche ils roulent non?

    2h33 et toujours pas de 355, et le froid, ça ne lâchait pas! Là je commençai à m’énerver un peu et vérifiai avec Google Maps, peut-être Transit est boguée à présent et ne retourne plus les bons horaires? Mais je fais quoi alors? Google Maps m’indiquait que la prochaine 355 était à 3h02. Si je voulais éviter cette attente de vingt minutes, je pouvais toujours m’essayer avec la 358, mais il allait falloir descendre pour attraper un autre autobus plus loin que je risquais de manquer, surtout si la 358 a du retard ou faut traverser la rue pour me rendre à l’arrêt de l’autre autobus. J’étais choqué et un peu découragé, car il ne me semblait pas voir le bout de tout ça. Peut-être une chose que j’aurais pu faire, c’est un coup sorti, constatant qu’il restait 15 minutes d’attente pour l’autobus, retourner à l’intérieur un 5-10 minutes, gardant mon manteau avec moi, dans le dôme. Je pense bien qu’on peut retourner à l’intérieur; certains sortent pour fumer.

    Selon Transit, la 355 qui était à 2h33 était maintenant à 2h35. Chaque minute qui passait, l’heure du départ changeait, à rendre fou dingue barge! Va-t-il falloir marcher jusqu’à chez moi ou attendre 5h que le métro rouvre? Un moment donné durant cette attente, est passée la 358 qui couvre une partie de la rue Sainte-Catherine. Je me suis demandé si je ne pourrais pas approcher de chez moi avec ça, mais pas selon Google Maps, va falloir descendre plus loin et prendre un autre autobus, grrr. Des gens arrivèrent à l’arrêt pour y attendre la 358. Eux aussi venaient de la SAT et avaient trouvé le spectacle malade! Oui, ça a été une belle soirée. La 358 passa mais pas la 355, me laissant là de plus en plus exaspéré, incommodé par le froid mais heureusement pas frigorifié. Le show à la SAT se terminant à 4h, j’aurais pu essayer de retourner à l’intérieur, en profiter jusqu’au bout puis après il n’aurait resté qu’une heure à attendre pour que le métro rouvre, mais c’était loin d’être idéal. Cette heure, j’aurais pu à la place la passer à marcher vers Ontario, puis sur Ontario vers chez moi. C’est tellement n’importe quoi!

    C’est seulement à 2h45 environ que la 355 passa enfin! J’anticipais avoir à vérifier, sur Google Maps, pour ne pas manquer l’arrêt et me retrouver loin de chez moi. Par chance, ce fut mieux que ça: le système qui dit les arrêts fonctionnait dans ce bus-là, alors je n’eus aucun mal à descendre au bon arrêt, à un coin de rue de chez moi. C’est ainsi que cette aventure se termina, super bien.

  • Constat d’infraction

    Samuel revenait du CHSLD où résidait son père depuis maintenant trois mois. Atteint de la maladie de Parkinson et d’un début d’Alzheimer, Alain ne pouvait plus prendre soin de lui-même et Samuel ne pouvait se résigner à le prendre chez lui, ce qui l’aurait forcé à cesser de travailler pour se consacrer à son père. Il a été difficile de convaincre Alain d’aller en CHSLD, mais c’était le mieux à faire et il le comprenait maintenant, quoique parfois sa compréhension s’effaçait et il recommençait à vouloir rentrer à la maison.

    C’était difficile, parfois, ces visites, mais Samuel tenait à le faire. Son frère Rémi, qui habitait plus proche et possédait une voiture, aurait pu y aller plus efficacement, mais il n’était pas assidu, sautant parfois plusieurs semaines de suite. Samuel a fini par se porter volontaire pour y aller chaque semaine, car lui au moins était fiable. Évidemment, si Samuel osait dire à Rémi qu’il n’était pas fiable, ce dernier lui reprocherait aussitôt que Samuel n’a pas de vie et que ne pas acheter de voiture était un caprice qui le limitait inutilement. Samuel ne possédait pas de véhicule, car il habitait à Montréal et ne sortait de la ville que rarement. Il a même fondé un groupe: les héros défenseurs de la planète, ceux qui ont décidé, par choix, de ne pas avoir de voiture et qui mettent au point des solutions alternatives comme le vélo, les services d’auto-partage, le transport en commun, etc. Mais ce mouvement ne plaint pas à tous, notamment les parents qui se la rendent pas mal plus difficile sans voiture pour aller conduire les enfants à des activités, les ramener, aller les chercher à l’école après une retenue, se rendre à la rencontre de parents, etc. Elles sont optionnelles ces activités? Non, car l’enfant privé de cela aura des amis qui en font et va piquer des crises sans fin pour en faire.

    Il fallait à Samuel près d’une heure et demi pour se rendre de chez lui au CSHLD, et parfois il était obligé de finir le trajet en taxi ou attendre une heure de plus, ayant manqué l’autobus rendu à Longueuil. C’était parfois décourageant, mais chaque fois que Samuel flanchait, il pensait à la planète qu’il faut sauver et se solidarisait avec l’autre groupe de héros, complémentaire au sien, ceux qui ne peuvent pas posséder une voiture, peu importe pourquoi. Oui oui, on placera dans ce groupe autant les aveugles, les gens souffrant d’un trouble mental grave rendant la conduite dangereuse et ceux qui ont perdu leur permis à cause de l’alcool au volant, par exemple. Bien oui, Alain, à cause de son Parkinson, ne pouvait plus conduire, lui non plus. Durant l’aller, Samuel cogitait ou regardait des trucs sur son téléphone. Il essayait parfois de parler aux gens, mais souvent ça les dérangeait.

    Au retour par contre, Samuel s’offrait une petite évasion. Il s’est procuré à la SQDC des petits joints préroulés, le plus petit format possible. Souvent, Samuel arrivait en avance pour l’autobus, préférant attendre là 10 minutes plutôt que le manquer, frustrer et devoir attendre une heure. Pendant cette attente, eh bien Samuel s’allumait un joint et le fumait. Si jamais l’autobus passait avant qu’il ait fini, il était obligé de jeter le restant au sol, mais cela n’arrivait que rarement.

    Ensuite, l’esprit légèrement troublé, le trajet lui paraissait moins long. Là où tous entendent un vrombissement, Samuel décelait de la musique. Parfois, son esprit inventait des histoires tout à fait inédites dont il écrivait des bribes dans une application de prise de notes dans le but de les retravailler plus tard, ou pas.

    Mais pourquoi ne pas fumer ce joint chez lui? Le buzz combiné à de nouvelles données, c’était mieux que juste le buzz seul chez lui. Par exemple, Samuel écoutait des gens qui parlent ou regardait comment ils sont habillés, comment cette femme a pris soin de ses cheveux tandis que l’autre les a presque laissés aller, cet homme qui portait un chapeau, y a-t-il des cheveux sous ce chapeau, ou celui-là qui arborait un tatouage sur le bras. Il doit cacher un tatouage de croix gammée sous son chandail, s’amusa à penser Samuel, gardant fort heureusement ces réflexions accusatrices pour lui. Ces observations s’alternaient avec un tourbillon de pensées, propulsant l’esprit de Samuel dans tous les sens.

    Habituellement, Samuel ressentait du plaisir à errer entre le monde physique et mental de cette façon. Parfois par contre, l’esprit de Samuel dérapait un peu, imaginant par exemple ce qui se serait passé s’il avait fait un commentaire raciste à quelqu’un, et que ce dernier l’avait ensuite provoqué. Samuel se serait-il battu? Une voix lui disait que oui, Samuel se crispa, puis relâcha la tension et laissa partir ces idées négatives.

    Et contrairement à chez lui, Samuel, avait un cadre, un objectif, quelque chose qui le forçait à ramener son esprit au monde physique, juste assez, comme pour rester en surface mais, malgré tout, nager et aller faire des plongeons aux tréfonds de son être, sans y rester coincé. L’autobus ralentit, on arrive au terminus, va falloir descendre et marcher jusqu’au métro et puis ensuite y monter. Toutes ces étapes machinales, faites sur le pilote automatique, ralentissent le flot de pensées, et réduisent les dérapages qui font crisper, parfois même angoisser.

    Samuel a fait ça plusieurs fois sans être inquiété. Il se traînait une gourde et si jamais ça tournait trop, quelques gorgées d’eau aidaient. Il connaît des amis qui fument allègrement dans des parcs et en chemin vers quelque part, marchant sur le trottoir. Peu sont inquiétés par la police. Il faut par contre surveiller et ne pas faire exprès. Un ami de Samuel, aveugle, a tenté le coup, et par malheur, s’est allumé un joint en plein devant l’auto de police. Là, donne-toi une chance mon homme! Le constat d’infraction a été inévitable. Mais habituellement, quand on fait attention, ça n’arrive pas.

    Eh bien non! Un bon soir, Samuel revenait fatigué de chez son père qui n’allait vraiment pas bien ce jour-là. Il oublie de plus en plus de petits détails et sa main tremble beaucoup. En plus de ça, il pleuvait et Samuel a par mégarde mis le pied dans une flaque d’eau en marchant vers l’autobus. Sa journée au travail avait été proche catastrophique, avec deux projets qu’il gérait qui ont déraillé solide, puis un employé sous lui qui a pété un câble et qui va être suspendu sans solde en raison de menaces proférées pendant une réunion! Oui oui! Cette suspension va affecter tout le planning de l’équipe et faudra faire un suivi avec l’employé et avec les ressources humaines.

    Et voilà que quand Samuel prit sa première puf, une voiture de police s’arrêta à sa hauteur. « Monsieur, vous avez pas l’droit d’fumer du cannabis sur la voie publique. » Samuel essaya de faire l’innocent, dire qu’il ne savait pas, que plusieurs qu’il connaissait le faisaient, mais il n’y eut rien à faire. En fait, plus Samuel essayait d’argumenter, plus le policier s’impatientait. Non seulement lui donna-t-il un constat d’infraction avec une contravention de plusieurs centaines de dollars, mais il prit son temps pour l’écrire, ça a pris près de cinq minutes. L’autobus était dans la face de Samuel qui pensa un instant bondir et monter dedans, mais le policier y a pensé et l’avertit de ne pas bouger sous peine d’être en état d’arrestation.

    « Tiens, tu montreras ça à tes amis qui fument. » a bavé le policier, avant de repartir, laissant Samuel derrière et le condamnant à attendre une heure pour le prochain autobus. Samuel était en furie! Le constat d’infraction était un vrai torchon, même le montant de la contravention était difficile à lire. Certains qui apprirent l’incident conseillèrent à Samuel de contester juste pour faire chier le policier qui l’avait fait chier en lui faisant manquer son autobus, mais Samuel ne put s’y résoudre. Il paya la contravention, cessa de prendre du cannabis au retour des visites chez son père, se lassa après quelques semaines et finit par faire comme tout le monde et s’acheter une voiture.

    Samuel ne faisait de mal à personne et aidait, pas beaucoup mais au moins un peu, à sauver notre planète, en polluant moins. La fumée qu’il produisait avec son joint, je ne peux pas croire que c’était davantage que la fumée sortant de sa voiture quand il allait dès lors voir son père. Mais Samuel n’a embêté personne avec ça. Si des gens (rarement) attendaient l’autobus avec lui, il s’éloignait pour ne pas incommoder la personne. Mais ce qu’il faisait était illégal et il dut en payer le prix.

    Au début, Samuel utilisait sa voiture uniquement pour aller visiter son père à Longueuil. Puis il l’employa pour aller visiter sa famille et en vint à n’utiliser que ça. Ses résolutions environnementales fondirent donc comme neige au soleil. Ça aurait pu être évité de multiples façons.

    D’abord, Samuel aurait pu acheter un vaporisateur comme le PAX 3. L’appareil comporte une chambre dans laquelle on met de l’herbe séchée et un arc électrique la chauffe de sorte à produire de la vapeur. L’odeur est moins prononcée qu’un joint et plusieurs policiers profanes vont le confondre avec une vapoteuse pour le tabac. Ce n’est pas absolu par contre, un policier pourrait reconnaître la forme ou lire PAX 3 dessus et dire ah!

    Au lieu d’acheter sa propre voiture, Samuel aurait pu utiliser un service d’auto-partage comme Communauto ou, au moins l’été, y aller en vélo. Pourquoi, au moins une fois de temps en temps, son frère ne pourrait-il pas venir le chercher au métro et qu’ils aillent ensemble voir leur père? N’est-ce pas à cela que devrait servir la famille?

    Mieux encore serait que Samuel profite de ces trajets pour méditer, observer ce qui se passe en lui et autour de lui. Avec un peu d’entraînement, certains pensent qu’il pourrait trouver dans cet exercice autant de plaisir que prendre du pot, et ce plaisir serait parfaitement sain. Cette théorie reste encore à démontrer, mais c’est un grand espoir pour tous.

  • Quand la volonté de Dieu est floue

    • Seigneur, que veux-tu que je fasse? demandai-je, en toute honnêteté.
    • Fils, me répondit-il hier soir, et si je te disais va, retrouve ton ami que tu as abandonné et offre-lui une nouvelle chance.
    • Est-ce vraiment ça que je dois faire? demandai-je, un peu embêté.
    • C’est toi qui l’as dit, répondit le Seigneur.
    • Mais chaque fois, c’est la même histoire, argumentai-je. Il va être correct pendant quelques temps puis déraper à nouveau. Il me semble que ce serait judicieux de consacrer mon énergie à autre chose.
    • Mais alors, répondit le Seigneur, pourquoi consacres-tu encore de l’énergie à y penser?
    • Pour être prêt, si jamais il revient, répondis-je, un peu hésitant. On sait jamais ce qui pourrait le remettre sur mon chemin, ou si des semblables à lui se présentaient à moi. Je voudrais trouver des moyens de réagir, si jamais il refait ce qu’il a fait dans le passé, pour résoudre ça de façon propre, simple, et sans faire de mal.
    • C’est un noble objectif, mais souhaites-tu vraiment être prêt à tout? demanda le Seigneur. Il y a une infinité de possibilités. Toute une vie ne suffirait pas à toutes les étudier.
    • Ouin, fis-je, un peu perplexe.
    • Alors que veux-tu vraiment?
    • Je souhaite qu’il soit heureux, argumentai-je, qu’il réussisse dans le vie, et je pense toujours que rester loin de moi va l’aider à ça.
    • En es-tu convaincu ou est-ce qu’en agissant ainsi, tu fais la volonté d’un autre que moi?
    • Je dirais que oui. Revenir en arrière ne va que reproduire les patterns du passé, aucun progrès ne me sera possible si j’emprunte cette voie.
    • Je sens le doute en toi. Tu n’es pas parfaitement convaincu de ce que tu dis. Mais sache qu’une chose peut t’aider: bénis-le.
    • Je dois me rendre chez lui, le saluer et puis lui dire que je le bénis en ton nom?
    • Si tu fais ainsi, probablement ton action n’aura que peu de sens, en tout cas pour lui. Bénir, à la base, c’est dire du bien. Cherche en lui du bien et si tu parles de lui, dis-en du bien. Cet être est fondamentalement bon. C’est le contexte, c’est l’environnement, qui peuvent le rendre chaotique limite mauvais. Et aussi, si tu veux t’éloigner encore davantage du côté obscur de cette personne, renonce aux plaisirs de la chair et début les entreprises de l’esprit. C’est là que se trouve le salut, pour toi et tous tes semblables.
    • Je ferai ainsi, mon Seigneur, alors.
    • Va, mon fils, et agis selon tes paroles, car ce sont les actes qui comptent beaucoup plus que les mots.