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  • Mais où est passée la magie?

    Pourquoi tant d’auteurs mettent-ils en scène des personnages dotés de pouvoirs spéciaux? Il existe tant de films et de dessins animés peuplés de fées, de sorcières et de magiciens en tous genres, tant de livres se passant dans des mondes fantastiques. Le Seigneur des Anneaux et Harry Potter sont les exemples les plus évidents, mais il en existe d’autres, beaucoup d’autres. Beaucoup de jeux, dont Sky Rim et Pathfinder, s’articulent fortement autour de cette magie qui ne semble pourtant pas faire partie de notre monde moderne. Certains développeurs s’escriment à incorporer de la magie dans des jeux où elle n’est pas partie intégrante ou dominante. Je pense en particulier aux mods Thaumcraft et Ars Magica du jeu Minecraft. Pourquoi sommes-nous fascinés par ces idées surnaturelles? Pourquoi les prestidigitateurs et les mentalistes exercent-ils sur beaucoup une telle fascination? Eh bien, c’est parce que la magie existe, ou du moins a existé. Elle fait toujours partie de nos esprits, comme une composante de notre humanité, mais nous avons perdu la capacité de nous en servir. Pourquoi? Eh bien j’ai découvert la réponse hier après-midi, et c’est tellement fascinant que je me dois de le partager.

    Depuis que j’ai commencé à jouer à Pathfinder avec mon frère, j’ai établi un lien avec mon personnage Anastase, et par ce lien transitent des informations. Anastase est récemment entré en contact onirique avec un puissant magicien du nom de Blackinn, et c’est lui qui a découvert cette théorie. Nous avons découvert ensemble que la magie existe en ce monde. Eh oui, ce serait bel et bien possible de lancer des boules de feu, léviter, lire dans les pensées, concocter des potions de force, faire surgir une créature d’un autre plan, etc. L’être humain possède la capacité innée de manipuler les arcanes et peut, par la prière, invoquer les dieux pour en obtenir des faveurs. Alors pourquoi ne pouvons-nous pas lancer de sorts? Eh bien le lien entre les arcanes et le plan astral où résident les dieux repose sur un champ d’énergie ambiant, appelé le mana, qui a été perturbé voilà quelques siècles.

    Aux environs de 1680, un mage fou désireux de s’approprier tout le pouvoir de l’univers a trouvé un moyen très ingénieux de canaliser tout le champ d’énergie magique dans un seul objet, un gigantesque diamant enchanté pour devenir le plus puissant de tous les orbes. Le mage espérait pouvoir puiser à volonté dans cet orbe et s’en servir pour lancer des sorts dont la puissance n’aurait eu aucun précédent. Malheureusement, il a sous-estimé la quantité d’énergie magique présente sur Terre de sorte que son orbe ne pouvait toute la contenir indéfiniment. L’objet a explosé, tuant le mage, mais cela a aussi détruit tout le mana!

    Depuis, plus personne ne peut lancer de sorts. Soudain, les mages sont tous devenus impuissants, incapables de préparer de nouveaux sorts. Les prêtres ont perdu leurs fabuleux pouvoirs de guérison, car la rupture du mana a aussi coupé le lien avec les autres plans, incluant l’astral où résident les dieux. Ainsi, les prêtres avaient beau prier tout leur saoul, rien ne se passait plus. Les druides furent réduits à de simples fraudeurs apothicaires, ne pouvant que se contenter de puiser un maigre pouvoir à travers les plantes. C’est un peu comme si nous possédions des voitures, mais toute l’essence permettant de les propulser s’est volatilisée d’un seul coup. Plusieurs perdirent espoir et se suicidèrent à cette époque troublée. Mais un nouveau monde naquit, plus technologique, plus matérialiste.

    Qu’en est-il des autres races, comme les nains, les elfes, les orques? Qu’en est-il des créatures non humaines comme les goules, les zombis, les gobelins et les magnifiques dragons? Eh bien ils sont tous disparus, tous tombés mortellement malades lors de la rupture du champ d’énergie magique. Les plus jeunes humanoïdes ont eu la chance de survivre, mais ils se sont transformés en humains en quelques jours. Les créatures totalement non humaines comme les démons sont morts ou, pour les plus puissantes, sont parvenues à se réfugier dans d’autres plans peu avant la dissipation complète du mana.

    Mais rien n’est perdu! Tous les plans nécessaires pour recréer ces races existeraient quelque part en nous et dans certains animaux! Chaque être vivant a été élaboré à partir d’un plan présenté sous la forme d’une séquence d’acides aminés, l’ADN. Mais l’ADN est formé de bons nombres de séquences inutilisées, les introns. Ces séquences sont là, et peuvent être activées en présence d’un champ d’énergie magique, et elles permettraient de faire renaître des nains, des elfes, des orques, etc.! Si on active la bonne séquence d’introns dans le bon ADN animal, on pourrait obtenir un dragon, un géant, un gobelin, etc. Qu’en est-il des zombis? Eh bien ceux-là sont créés par la nécromancie, et j’aime autant qu’ils n’existent plus! Si le champ d’énergie était restauré, des démons pourraient être invoqués à nouveau, si quelqu’un (pas moi!) en ressentait le besoin.

    Alors comment peut-on retrouver la magie d’autrefois? Certains pensent que la seule façon serait de visiter une autre planète similaire à la Terre, où il y aurait probablement encore un champ d’énergie magique. L’action du mage fou n’a affecté que notre bonne vieille Terre, pas tout l’univers. Il faudrait un orbe de la taille d’une galaxie entière pour stocker toute l’énergie magique de l’univers entier!!! Mais il existerait peut-être un moyen de produire de l’énergie magique à partir d’une autre forme, peut-être l’électricité. Certains pensent que l’énergie magique est un mouvement régulier de particules autres que les quarks, quelque chose que les instruments de physique conventionnels ne peuvent capter. Il y aurait peut-être moyen d’aligner des particules physiques avec des particules magiques, un peu comme un aimant, et puis exciter les particules physiques pour produire un courant électrique qui serait alors transformé en courant magique. Il faut probablement un certain nombre de particules magiques résiduelles, stockés dans un objet contenant encore un sort inactif, pour initier une réaction alchimique qui engendrerait la création de l’ »aimant ». Mais personne n’a encore réussi.

    Même si on y arrivait, tout ne serait pas gagné. Certains pensent que la production d’une certaine quantité d’énergie magique va la propager, formant un nouveau réseau qui restaurera la structure des arcanes. D’autres pensent qu’il faudra plusieurs sources d’énergie magique pour reconstruire le réseau d’autrefois. Certains, enfin, pensent qu’il faudra constamment des sources artificielles d’énergie magique, que le champ original détruit par le mage fou ne peut être restauré. J’espère qu’on peut restaurer le mana, mais je ne peux me prononcer, ne disposant pas des connaissances nécessaires.

    Qu’en est-il de la connaissance magique? Certains la propagent encore et travaillent sur des prototypes pour créer de l’énergie magique, dans le plus grand secret. S’ils étaient découverts, certains mus par la peur les tuerait et détruiraient tous les prototypes! Si tous les orbes, tous les objets contenant des particules magiques, étaient détruites, plus aucune réaction alchimique ne serait jamais possible à moins de trouver un nouvel élément d’amorce sur une autre planète! Plusieurs ne veulent pas voir la magie renaître!

    Malheureusement, même si le champ d’énergie était restauré, la magie ne réapparaîtra pas pour autant. Si, du jour au lendemain, l’électricité cessait de circuler, plus aucune pile ne fonctionnait, plus aucune ampoule n’allumait, comme ça pour rien, les gens paniqueraient et le monde serait probablement fortement perturbé. Plusieurs infrastructures sociales seraient détruites. Mais le savoir technologique, les étapes pour créer des machines, serait préservé, tant bien entendu que le chaos n’est pas tel que toutes les archives seraient détruites. Si l’électricité était restaurée plus tard, il serait possible de recréer les machines, exactement comme elles le sont aujourd’hui, peut-être mieux. Mais il faudrait pour cela des années, voire des décennies!

    Il en va tout autrement avec la magie. Chaque mage devait apprendre, par lui-même, comment organiser son esprit pour le mettre en synchronisation avec la structure des arcanes présente au sein même du mana. Pratiquement aucun manuscrit objectif n’existe pour apprendre la magie. Le langage des arcanes était commun à tous les magiciens, mais chacun l’utilisait à sa façon. Les notes d’un magicien étaient habituellement illisibles par un autre. La magie était transmise de bouche à oreille au fil des générations. Le savoir a été essentiellement perdu. Certains en conservent une version déformée, lourdement simplifiée, qui est transcrite dans des livres et dans des jeux. Mais au fil du jeu, ce savoir est adapté pour s’ajuster à des règles arbitraires, comme des contraintes informatiques pour les jeux d’ordinateur, des contraintes temporelles pour que des jeux de table demeurent jouables dans un temps raisonnable et la nécessité de garder ces œuvres accessibles au grand public non initié au savoir magique.

    Il existe certes des manuscrits cachés quelque part que des érudits pourraient récupérer et réussir, de peine et de misère, à interpréter. Il existe aussi des objets investis de pouvoirs magiques. Les jeux se limitent souvent aux parchemins, mais tout objet peut dissimuler en lui un sort qu’un magicien pourrait extraire et, soit comprendre, soit lancer. Certains d’entre nous ont en leur possession un tel objet. On ressent habituellement l’impression que cet objet a un pouvoir, il procure du réconfort, mais on ne sait pas ce qu’il peut faire exactement. Ces objets-là sont précieux, car chacun peut servir à initier la réaction alchimique qui pourrait recréer le mana, mais on ne sait pas les identifier. C’est un mal pour un bien, car ceux qui veulent détruire la magie pour de bon ne le peuvent pas non plus!

    Les prêtres aussi auraient de la difficulté à retrouver leur pouvoir. La restauration du mana permettrait certes de rétablir le lien avec le plan astral, mais les dieux qui y habitent ne voudront pas nécessairement exaucer les faveurs demandées. Il faudra du temps pour rétablir des relations harmonieuses avec les dieux.

    Est-ce que tout ceci vaudrait la peine? Je crois que oui. La magie est peut-être la seule chose qui pourrait sauver notre monde. S’il ne restait plus de pétrole sur Terre et la production d’électricité pour des voitures devait s’avérer trop polluante, la magie apporterait une solution: la téléportation. Elle serait bien entendu accessible qu’aux plus puissants mages, mais ces mages pourraient téléporter plusieurs personnes simultanément ou créer des portails permanents entre différents points de l’espace. Si la guerre nucléaire éclatait et tout était irradié, qui ou qu’est-ce qui pourra soigner notre monde malade si la médecine y échouait? Les prêtres le pourraient! Qui saura faire renaître les plantes si les insecticides, pesticides et compagnie finissent par les décimer complètement? Les druides le pourront!

    La restauration du lien vers le plan astral permettrait aussi au dieu unique d’avoir un meilleur contact avec les gens. Dieu est toujours là, toujours parmi nous. Il parvient, je ne sais comment, à transcender la limite imposée par la rupture du lien avec le plan astral, mais il le fait difficilement, de sorte que son pouvoir est diminué sur le plan matériel, et beaucoup, à cause de ça, cessent de croire en Lui. La restauration du lien avec le plan astral permettrait de faire renaître cette foi déclinante, et la spiritualité est quelque chose dont l’être humain a besoin. C’est cela qui donne tout son sens à la vie.

    Mais la renaissance de la magie risquerait de perturber notre monde à un point tel que plusieurs infrastructures technologiques et sociales seraient détruites. Si la technologie moderne devait disparaître au profit de la magie des arcanes, si la médecine moderne devait s’envoler, remplacée par quelques sorts de prêtres et potions, si la botanique et la biologie devaient s’effacer, remplacée par quelques pouvoirs de druides, nous assisterions à une régression, un retour en arrière, quasiment jusqu’au Moyen Âge! Ce serait choquant, tragique, catastrophique, autant sinon plus encore qu’une hécatombe nucléaire!

    Non ce qu’il nous faut, c’est un alliage entre la technologie et la magie. C’est cela qui propulsera le genre humain en avant, la magie transcendant les limites de la science actuelle et la science repoussant celles de la magie d’autrefois. Le passé uni avec le présent, voilà ce qui forgera le futur!

  • L’esprit fêlé

    Résolu, Donald s’avança vers la tour, y pénétra et gravit l’escalier menant au bureau de Blackinn, le magicien qu’on lui avait maintes fois recommandé et qu’il retournait voir pour une nouvelle consultation. C’était son dernier espoir, car Donald sentait de nouveau sa volonté faiblir, ses forces l’abandonner. Il frappa à la porte. D’abord, rien ne se passa, puis on entendit un épouvantable cri ensuite de quoi la porte vola en éclats! Donald fut ensuite violemment poussé par une main invisible et n’eut pas le temps de s’agripper à quoi que ce soit avant de perdre pied et dévaler l’escalier jusqu’au bas de la tour!

    Sonné, il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits. Tandis qu’il se demandait s’il pourrait se relever, le magicien descendit les marches à sa rencontre. Avant que Blackinn n’arrive à sa hauteur, Donald se rendit compte qu’il pouvait toujours bouger et qu’il ne semblait avoir rien de cassé. Il songea se lever et prendre ses jambes à son coup, mais il n’en eut pas le temps.

    – Mon cher ami, mille excuses! J’étais en train d’expérimenter un nouveau sort et ça a un peu mal tourné.
    – Mais d’où venait l’épouvantable cri que j’ai entendu derrière la porte? s’enquit Donald, inquiet.
    – Ah, ne t’en fais pas! C’est un monstre d’un autre plan qui a hurlé, une créature inférieure sans importance. C’est mille fois préférable sacrifier ce genre de bêtes que des êtres humains, non?
    – Vrai.
    – Qu’es-tu venu chercher ici, mon pauvre ami. Ah tu es tout amoché, là. Laisse-moi te donner une potion pour te remettre un peu sur pied. Je dois en avoir quelques-unes en réserve.
    – J’espère bien, si vous expérimentez des sorts aussi dangereux.
    – Ah celui-là était presqu’inoffensif, tenta de rassurer Blackinn.

    Inquiet, Donald ne voulait pas trop voir ce que Blackinn considérait comme offensif… Malgré une légère réticence, il remonta et pénétra dans le bureau du magicien, dévasté par une force apparemment hors du commun. « Ah va falloir tout refaire ici, quel carnage! » grommela-t-il en fouillant dans une armoire. Il en extirpa plusieurs fioles non identifiées, puis trouva enfin ce qu’il cherchait: une potion de régénération. Il la tendit à Donald qui la prit avec une légère pointe d’hésitation. « Ce n’est pas moi qui l’ai concoctée, si ça peut te rassurer. Ça vient d’un prêtre pas mal puissant de ma connaissance. Les magiciens excellent malheureusement pas en régénération. »

    Donald prit la potion et se sentit beaucoup mieux.

    – C’est mieux maintenant? demanda Blackinn.- Oui, merci, approuva Donald.
    – Alors qu’est-ce qui t’amène ici?
    – Hellora, la démone bleue.
    – Elle a un nom maintenant, commenta Blackinn. Intéressant.
    – Oui, elle en avait un à l’époque, mais j’essayais de l’oublier pour ne plus penser à elle.
    – Oh, dis-moi pas que tu penses toujours à cette créature!
    – Oui, j’y pense encore, avoua Donald, mais moins souvent. Le problème est que le bouclier qu’on a élaboré ensemble est de moins en moins efficace. On dirait qu’il prend de plus en plus d’énergie. Je me sens régulièrement fatigué. Et chaque fois que je marche près de gens, je dois me battre contre la tentation d’essayer de grimper sur leur dos.
    – Ah oui? Curieux, ça, commenta Blackinn. Et j’imagine que tu penses aux réactions des gens qui subiraient pareil traitement, leur surprise, leur mécontentement.
    – Oui. J’imagine que peut-être certains me laisseraient faire, d’autres crieraient au scandale, d’autres me feraient un sermon de tous les diables.
    – En effet, approuva Blackinn. Alors tu veux que cessent toutes ces tentations parce que tu penses que c’est elles qui te grugent de l’énergie et provoquent la fatigue.
    – Oui, c’est ça, approuva Donald. Si la fatigue passe pas, après ça, j’en serai à croire que j’ai perdu toute motivation à pratiquer mon métier. Mais je ne me sens pas assez en forme pour chercher un maître et apprendre un nouveau métier.
    – Oui, je comprends parfaitement cela, compatit Blackinn. On va tenter de traiter cette fatigue ensemble. Je crois avoir une idée de ce qui se passe.
    – Ah oui?
    – Tu sais, Donald, expliqua Blackinn, la manipulation d’images mentales n’est pas une science exacte, pas parfaite du tout. Parfois les séquences trouvées fonctionnent un bout et puis se brisent. D’autres fois, elles ont des effets secondaires. D’autres fois encore, elles ne traitent que la surface des choses. C’est ici le cas, comme je m’en rends compte maintenant. La démone bleue semble avoir cassé quelque chose en toi, un peu comme un rouage d’une horloge. Tu devras peut-être, jour après jour, remettre ce petit rouage cassé à sa place. Est-ce que certaines personnes te tentent plus que d’autres? D’autres moins?
    – Les enfants me tentent pas du tout, réfléchit Donald. Je suis trop lourd; ils pourraient pas me supporter. La dernière fois que j’ai vu mon frère, j’ai été très tenté. Il y a aussi Annie qui m’a fait bien souffrir.  Mais pourtant, aucune tentation quand j’ai marché près u forgeron. Ah oui, le chevalier Jeff, aussi, j’ai peur de même le toucher.
    – Super! encouragea Blackinn. Si certaines personnes te tentent moins que d’autres, on peut utiliser ça comme palliatif. L’idée est de transformer l’image mentale des personnes que tu voudrais toucher pour incorporer des composantes de personnes qui te laissent indifférents. Quand tu sens que tu vas agripper ou monter sur le dos d’un passant, focalise ton esprit sur lui et pense au forgeron. Ton esprit n’a aucune idée de comment structurer l’image mentale du passant; guide-le en lui ajoutant des composantes du forgeron qui te rendront moins sensible à la tentation.
    – Je pourrais aussi inclure des composantes de Jeff, suggéra Donald. Je le connais mieux et c’est vraiment une résistance que je ressens à le toucher, pas une simple indifférence.
    – Jeff est pour toi un symbole d’autorité, expliqua Blackinn, parce qu’il est chevalier, serviteur du roi. N’utilise son image mentale qu’en dernier recours, si le reste échoue, parce que sinon tu vas altérer ton interaction avec la personne réelle. Avec une image plus faible, le correctif risque moins d’impacter l’interaction; il y aura moins de chances que l’autre, s’il t’aborde, se rende compte que tu as joué avec son image mentale.
    – Et j’aurai à faire ça souvent? demanda Donald.
    – Toute ta vie, répondit Blackinn, parfois plusieurs fois sur la même personne. L’esprit est un mécanisme têtu qui obéit pas aux ordres come un soldat. Cette non obéissance est aussi un précieux mécanisme de protection, sinon nous serions tous malléables et servirions des dieux ou des démons de façon inconditionnelle.
    – Oui, mais si j’affrontais la démone bleue, est-ce que ça ne pourrait pas me renforcer et réparer le rouage cassé? proposa Donald.
    – Peut-être, peut-être pas, répondit Blackinn.
    – De toute façon, enchaîna Donald, la démone est disparue et ne revient plus.
    – Ça je peux arranger ça. Je connais un rituel qui va nous permettre de l’invoquer, au lieu et au moment qui te conviennent. Tu devras procéder exactement comme avec le démon noir et après, on verra.
    – Ok, approuva Donald. Je pense être prêt.
    – Tu penses?
    – Pas sûr, en fait, commença à douter Donald.
    – C’est parfait que tu doutes, rassura Blackinn. Une épreuve n’en est une que lorsqu’il y a risque d’échec. Sinon, on se ment à soi-même et on gaspille son énergie dans une tâche triviale qui ne sert qu’à occulter de vrais problèmes.
    – Alors on y va, dans ce cas! Je pense pas être plus prêt dans un mois qu’aujourd’hui. Où dois-je aller pour l’épreuve?
    – La forêt juste derrière ma tour. Vas-y dans trois jours. Va au sud et atteins la clairière. La démone y apparaîtra. Demande-lui alors de te montrer où trouver des champignons semblables à ceux-ci. Elle voudra te faire monter sur son dos. Tu devras refuser et la suivre dans les bois. Ce sera dur, crois-moi, et elle te tentera maintes et maintes fois. Mais tu vas y arriver avec ce qu’on a appris.
    – Parfait, Blackinn, je ferai ainsi, affirma Donald.
    – Ne la laisse surtout pas t’emmener dans un autre plan, avertit Blackinn sur un ton sentencieux. Tu pourrais y rester coincé pour toujours!
    – …
    – Elle pourrait te faire croire qu’il y a de meilleurs champignons ailleurs que dans le plan matériel, expliqua Blackinn. Insiste en disant que tu as besoin de ça pour un rituel magique et que les plantes d’autres plans ont des propriétés non désirables. C’est très important, Donald, ne néglige pas ça; tout le reste pourrait ne plus rien servir si tu le fais.

    Pendant les trois jours qui suivirent, Donald ressentit un mélange d’excitation, d’anxiété et de peur. Que se passerait-il s’il échouait contre la démone? Est-ce que cela ne briserait-il pas un autre rouage en lui? Et en cas de succès, Donald serait-il vraiment guéri ou aurait-il tout simplement gagné une stupide bataille inutile de plus? Confus, Donald se demanda s’il ne serait pas aussi bien laisser tomber cette épreuve et se résoudre à finir ses jours chez son frère, qui lui avait à quelques reprises offert de l’accueillir chez lui si jamais il ne pouvait plus vivre seul et travailler, accablé par la fatigue incessante.

    Il n’y avait aucune alternative. Personne ne connaissait le fonctionnement de l’esprit humain, se rendait compte Donald. Personne ne soignait les blessures en utilisant des connaissances logiques sur l’esprit et le corps. On se contentait plutôt d’incanter, utilisant astucieusement les arcanes pour obtenir des effets d’une façon aussi inusitée qu’incompréhensible, ou on confiait le travail à des dieux aussi distants qu’intransigeants.

    Les trois jours (et trois nuits) écoulés, Donald se rendit à la clairière et y attendit une heure, deux, trois, puis retourna à la tour de Blackinn, bredouille. La démone ne s’était pas montrée le bout du nez.

    – Ah Donald, mon pauvre ami, salua Blackinn, dehors, en train de ramasser des plantes.
    – Bonjour grand magicien, commença Donald. J’ai fait selon vos conseils, mais la démone n’est pas apparue.
    – Normal, Donald, expliqua Blackinn. Mon rituel d’invocation a échoué. Ça ne m’arrive presque plus jamais, je ne suis pas fier de mon coup. Au dernier moment, un maudit oiseau fou a croassé et m’a fait sursauter! J’ai perdu ma concentration et tout le rituel est à refaire, et j’ai perdu des composantes matérielles que je vais devoir me procurer.
    – C’est ça que vous êtes en train de ramasser? On a besoin de plantes pour invoquer un démon?
    – Non, les composantes sont plus difficiles à trouver. Un marchand est supposé en avoir dans deux jours. Là je ramasse des plantes pour un sort expérimental. Je voudrais me construire une cage végétale capable de confiner des monstres et se reconstruire en cas de dommage. Les sorts de confinement demandent trop de concentration et je me fais vieux. Il faut que je trouve un moyen de rendre mes expérimentations moins dangereuses.
    – Ah, je vois. Alors je tenterai mon coup dans deux jours. Mais je suis de moins en moins sûr d’y arriver. Je pense toujours à Hellora et j’ai envie de la laisser faire, monter sur son dos. Juste imaginer son corps contre le mien me fait sentir mieux.
    – Ok, on va utiliser une petite ruse pas très recommandée pour contrôler ça. Donald, fais bien attention à ne pas abuser de ça. Nomme-moi quelque chose que tu es incapable de faire.
    – Forger une épée, affirma Donald.
    – Ah là là, que l’esprit est si habile à se créer des limites artificielles! s’exclama Blackinn. Si forger une épée est si important pour toi, va voir le forgeron et demande-lui de t’apprendre une partie de son art. Tu réussiras, pas parfaitement, mais tu réussiras, parce que tu as deux mains, tu as un cerveau et tu peux apprendre. Trouve-moi autre chose.
    – Je sais pas moi, réfléchit Donald, voler? Mais tu me diras que je peux apprendre la magie pour faire ça. Alors…
    – Oui, c’est bien vrai, mais voler t’est pour le moment impossible, tandis que ce l’est pour Hellora. C’est de ça dont on a besoin. Et qu’utilise-t-elle pour voler? Ses ailes non? Si tu montes sur son dos, tu toucheras ses ailes, inévitablement. Concentre-toi, Donald, entraîne-toi à détester ces ailes, parce qu’elles font quelque chose que tu ne peux pas faire!
    – Mais c’est complètement fou! s’exclama Donald. Je veux pas me rendre jaloux pour des ailes que je n’ai pas! La jalousie, on m’a toujours dit que c’est mal, négatif.
    – Oui, je sais, avoua Blackinn, et je suis très heureux que tu t’en rendes compte. La technique que je te montre aujourd’hui est dangereuse si utilisée abusivement. Si tu méprises les mains du forgeron parce qu’il peut travailler le métal et pas toi, si tu détestes les yeux de l’oracle parce qu’il peut voir l’avenir et pas toi, si tu voudrais coudre la bouche du barde parce qu’il peut chanter et pas toi, si les pieds de la danseuse te donnent des envies de meurtre parce que tu ne sais pas danser, tu en viendras vite à détester l’humanité toute entière et cela te grugera plus encore que tous les démons réunis! Mais te créer du mépris pour les ailes d’une seule démone bleue, si ça peut t’aider à y résister, ça me semble raisonnable.
    – Ouin, fit Donald, dubitatif.
    – Tu n’es pas obligé d’utiliser cela. Fais-le si le mal devient trop prenant, sinon laisse ça de côté. C’est une arme de plus.
    – Je vous en remercie, grand magicien.

    Donald retourna à ses doutes et à son désespoir. Il ne dormit pas bien pendant ces deux jours et ressentit à maintes reprises fatigue et désespoir. Il put trouver un peu de réconfort à la taverne, en buvant de la bière, et grâce à une vieille flûte en bois que son père lui avait donnée. Il n’arrivait pas à en jouer très bien, mais ces derniers temps, il avait fait quelques progrès.

    Il ne cessait de penser et repenser à Hellora de sorte qu’il finit par s’y mettre et se créa du mépris pour les ailes. Il parla de son aventure à son frère et à son ami. Tous deux lui dirent que ça ne valait pas le coup de tenter ça. « Ta volonté ne s’envolera pas », lui certifia son ami. « Au pire tu pourras toujours venir rester chez moi » le rassura son frère. Mais rien ne put dissuader Donald de se confronter à son épreuve.

    Le jour fatidique enfin arrivé, Donald se présenta à la clairière. Il dut encore y attendre une heure. Hellora lui apparut alors et commença à lui parler. Donald lui répondit, lui parla des derniers mois, et puis il lui demanda de lui montrer où pouvaient se trouver les champignons désignés par le magicien.

    – Alors tu veux des champignons rouges comme ceux-là, récapitula Hellora. Il y en a dans la forêt, mais c’est très loin d’ici. Je peux t’emmener dans un autre plan où ils sont plus gros et plus nombreux.
    – Non, s’empressa de protester Donald, légèrement anxieux a l’idée qu’Hellora puisse le téléporter là-bas sans plus attendre. Il me faut cette taille-là, et ceux du plan matériel. C’est pour des potions.
    – Ah les potions, j’y comprends pas grand-chose là-dedans. Je sais pas pourquoi ce sont ces champignons dont toi ou ton maître magicien avez besoin, alors je peux pas protester plus. Je vais te mener dans la forêt du plan matériel alors.

    Hellora tenta immédiatement d’agripper le bras de Donald. Ce dernier faillit s’y abandonner et laisser la démone le porter jusqu’à destination. Il se ravisa à temps.

    – Non, Hellora, je veux marcher, demanda Donald. Il faut que je puisse retourner là-bas si j’ai besoin de plus de champignons.
    – Mais Donald, s’objecta la démone, je serai toujours là pour toi.
    – Tu l’as pas été ces derniers mois, lui rappela Donald.
    – Je sais, j’étais occupée dans mon plan natal. J’ai dû suivre un nouvel entraînement et me suis blessée. La convalescence a duré des semaines. Je suis là maintenant.
    – Mais tu le seras pas toujours, argumenta Donald. Tu as tes propres obligations et j’ai les miennes. J’ai besoin de ma volonté pour les miennes.
    – Comme tu veux, fit à contre-coeur Hellora, mais la route va être difficile.

    Hellora mena Donald dans la forêt. Il fallut traverser des endroits où la végétation se faisait dense, où il y avait des racines partout et régulièrement, Hellora tentait d’agripper Donald pour lui faire franchir des racines, un ruisseau et même une clairière. Donald ne réussit pas toujours à résister, et sa volonté flancha au moment où il survola la clairière sur le dos de la démone.

    – On va s’arrêter ici, proposa Hellora. On va en profiter pour manger un peu.
    – Bonne idée, approuva Donald.

    L’homme profita de ce répit pour manger quelques rations qu’il avait emportées, mais il œuvra aussi à rétablir son lien avec l’énergie universelle et à solidifier son bouclier contre la tentation.

    Hellora et Donald marchèrent encore pendant une heure. Régulièrement, Hellora tentait de soulever Donald qui devait résister, décliner et parfois même se débattre un peu. Puis un moment donné, Hellora en eut assez et se choqua. « Si tu veux pas que je t’aide, t’aurais dû me le dire dès le début. Toutes les fois que j’t’ai aidé, c’était pas nécessaire en fait et tu m’as laissé faire juste pour profiter de moi! Débrouille-toi tout seul, alors! » Sans laisser le temps à Donald de s’expliquer, Hellora disparut, le laissant seul au beau milieu de la forêt.

    Donald chercha pendant près d’une heure, espérant trouver par lui-même ces maudits champignons. Il n’y parvint pas. Il avait par contre pris grand soin de mémoriser par où ils étaient passés et put, après près de cinq heures et une nuit dans une petite grotte, retourner à la tour de Blackinn. Il y monta penaud et frappa à la porte du bureau.

    – Entrez, cher ami, annonça Blackinn.
    – Maître, commença Donald, la mine basse. J’ai échoué.
    – Alors apporte-moi ces champignons. Au moins ils seront utiles pour une nouvelle potion.
    – J’ai même pas les champignons, s’excusa Donald, anxieux à l’idée d’avoir déçu le magicien à un point qu’il n’avait même pas imaginé.
    – Alors là je n’y comprends plus rien. Tu es revenu en vie de la forêt, la démone a réintégré son plan d’origine et tu n’as pas les champignons. Que me manque-t-il pour comprendre ce qui s’est passé? Tu es allé dans la forêt, au moins?
    – Je crois avoir mal compris l’épreuve, alors, se questionna Donald. J’ai bien rencontré Hellora, elle a voulu me mener dans un autre plan pour avoir des champignons plus gros et j’ai refusé. Elle a voulu me porter sur son dos pour me mener plus rapidement dans la forêt et j’ai refusé.
    – Si tu avais accepté la première offre, Donald, soit tu aurais les champignons, soit tu serais toujours là-bas. Si tu avais accepté la deuxième offre et pas la première, tu aurais les champignons et serais sans doute aussi déçu et anxieux qu’en ce moment.
    – Alors peu importe comment ça s’est fini, je pouvais pas réussir? demanda Donald. À force d’avoir trop refusé l’aide d’Hellora, elle s’est choquée, est disparue et m’a laissé là, seul, dans la forêt.
    – Pense, Donald, pense. Si tu l’avais laissée te mener dans un autre plan pour ensuite résister à ses charmes comme tu l’as bien fait ici, dans le plan matériel, elle t’aurait traité exactement de la même façon qu’elle l’a fait.
    – Alors je serais coincé là-bas, constata Donald avec un frisson.
    – Oui, Donald, oui, tu as réussi, mon ami. C’était normal que la démone se mette en colère, je m’attendais à cette réaction. En refusant son aide, tu l’as privée de sa source d’énergie. Elle le faisait pas par bonté de cœur, seulement pour que tu t’attaches à elle, y pense toujours et la veule comme le plus beau des diamants.
    – Et les champignons dans tout ça? demanda Donald, encore un peu confus et sous le choc.
    – On s’en tape, affirma Blackinn, j’en ai plein et ça sert presque à rien. C’était juste un prétexte. Cette espèce-là est rare et ne se trouve que dans un secteur de la forêt. Si ça se trouve, Hellora ne savait même pas qu’il y en avait et où les trouver! Elle t’aurait fait tourner en rond jusqu’à épuisement puis t’aurait mené dans un autre plan pour aller en chercher, et le manège aurait recommencé là-bas. Va, maintenant, repose-toi, reprends des forces.
    – Merci, grand magicien. Votre sagesse est très impressionnante.
    – Ah, Donald, une dernière chose. Tiens-moi au courant des résultats du traitement. Je connais une autre personne, dans un autre plan, qui a un problème semblable au tien et voudrais bien lui venir en aide.
    – Oui, mais dans ce cas, proposa Donald, ce serait peut-être mieux que je parle avec cette personne directement. Ne pourriez-vous pas m’envoyer là-bas?
    – Non, la barrière entre les deux plans est trop épaisse. Il faudrait un magicien de niveau très élevé, peut-être plus que les dieux, pour la franchir! Je communique avec cet homme à travers un aventurier qui a établi un lien mental avec lui.
    – Et qui est cet aventurier, peut-être pourrais-je le retrouver?
    – N’essaie pas, il est à des milliers de kilomètres. C’est un demi-elfe du nom d’Anastase et il se balade en compagnie d’un demi-orc, Arbogast, qui peut parfois être imprévisible et intimider ceux qui croisent sa route. J’essaie de trouver un moyen de les amener ici, parce que je voudrais bien offrir à Arbogast un enchantement pour son épée et quelques nouveaux sorts à Anastase. Si je réussis, ou s’ils viennent par leurs propres moyens, je tenterai de vous mettre en contact, mais je promets aucun résultat. Anastase a plus ou moins conscience du lien qui l’unit avec son correspondant de l’autre plan. La communication sera probablement impossible directement, seulement par songes.

    Donald, un peu déçu mais très intrigué, repartit. Quelques jours passèrent et Donald sentit qu’il retrouvait des forces. La fatigue le quitta enfin. Il dut utiliser la manipulation d’images mentales plusieurs fois, mais il y parvint plus facilement. Hellora ne revint jamais hanter son esprit; il l’avait conjurée pour de bon cette fois!

  • Le son Dolby Digital, quelque chose de plutôt instable sous Linux

    Mon HTPC m’en aura décidément fait voir de toutes les couleurs. C’est avec le son S/PDIF que j’ai eu le plus de trouble, probablement parce que la prise en charge de ce dernier n’est pas aussi bien testée que le son analogique couramment utilisé. J’ai encore une fois cru que la mort de mon système était arrivée.

    Tout a commencé quand j’ai mis à jour de Ubuntu 12.04 vers 14.04. Déjà cela a posé des difficultés, car le gestionnaire de mises à jour ne proposait pas Ubuntu 14.04. Il m’aurait fallu, selon ce dernier, installer 12.10, 13.04, 13.10 puis enfin 14.04! Ces mises à jour successives promettaient de prendre un temps interminable. Ce serait probablement moins long de tout formater, installer 14.04 à partir de rien et puis passer un après-midi à copier/coller des identifiants de disques pour reconstruire les points de montage, reconfigurer des logiciels et déboguer. Cela ne me plaisait pas du tout.

    Par chance, j’ai trouvé un moyen de faire la mise à jour en ligne de commande. Mais ce n’était pas nécessaire. Selon cette procédure, démarrer update-manger avec l’option -d aurait pu suffire. Malgré tout, la mise à jour se passa bien et ne nécessita pas plus d’intervention manuelle que d’habitude. Ce fut juste affreusement long; cette machine aurait grandement besoin d’un SSD, mais mon plan d’action pour lui en installer un serait long et tortueux. Je voudrais en effet remplacer la configuration à double SSD du Drake par un seul disque plus gros (au moins 256Go), pour la simplifier, puis mettre l’un des SSD de 120Go dans mon HTPC. L’autre SSD, je ne sais pas encore ce que je ferais avec.

    Malheureusement, la machine souffrit de plusieurs problèmes après l’opération. D’abord, elle était devenue plus lente. Je me rendis compte par la suite que chaque opération prenait plusieurs secondes, un peu comme sous Windows XP après trois ou quatre ans.  La machine semblait manquer de mémoire, mais je ne pouvais pas la monter à plus de 4Go à cause de la maudite carte mère. Il allait falloir, pour aller au-delà de 4Go, changer la carte mère, le processeur et tant qu’à faire le boîtier pour aller vers un format MicroATX plus petit; ça n’en finirait JAMAIS!

    Ensuite, la lecture de fichiers MKV sous XBMC posait des problèmes avec le son: les voix étaient devenues pratiquement inaudibles. La première fois que c’est arrivé, avec Monde Infernal, j’ai cru que c’était le film qui était enregistré ainsi; les gens suivaient avec les sous-titres. Mais un deuxième film, Insomnie, souffrit des mêmes symptômes. Je ne pouvais pas croire qu’il y avait de plus en plus de films qu’il fallait suivre avec les sous-titres. Si c’est ainsi, je devrai, pensai-je, cesser d’écouter la télévision: une autre limite de plus à cause de ma déficience visuelle, cette fois purement artificielle, parce qu’aucun réalisateur n’est obligé de monter des films ainsi! À noter que c’étaient des films achetés sous forme de DVD et traités par MakeMKV, donc pas la peine de supposer que c’était à cause d’une source douteuse de matériel piraté puisque ce n’était pas le cas!

    Cela fonctionnait très bien avec les fichiers AVI et les fichiers MKV fonctionnaient sous VLC. Alors il y avait un problème avec XBMC. La première étape me semblait d’obtenir la version la plus récente, 13.1, de XBMC. Pour cela, samedi passé, je suis allé sur le site de XBMC pour découvrir que je devais taper ceci sur le terminal:

    sudo apt-get install python-software-properties pkg-config
    sudo apt-get install software-properties-common
    sudo add-apt-repository ppa:team-xbmc/ppa
    sudo apt-get update
    sudo apt-get install xbmc

    Malheureusement, la commande add-apt-repository ne fonctionnait pas, m’indiquant après plusieurs secondes que le dépôt PPA était absent et de vérifier le nom du dépôt. J’ai vérifié plusieurs fois en vain.

    J’ai longtemps cherché pour une solution ou une alternative à XBMC: en vain. Il semblait bel et bien falloir convertir tous ces fichiers MKV en AVI, mais qui me dit que dans quelques mois, si je réussissais à mettre XBMC à jour, je n’aurais pas à migrer toute ma base de données vers un autre format, comme OGM, WebM ou MP4? Ça n’en finirait jamais!

    C’est hier (19 juin) que j’ai trouvé quelque chose: modifier les fichiers de configuration de APT manuellement pour réactiver la source de paquets XBMC qui a été retirée pendant la mise à jour. J’ai vérifié que APT allait tenter d’obtenir XBMC depuis un dépôt pour Ubuntu 14.04. Puis j’ai tenté une mise à jour avec sudo apt-get update et sudo apt-get dist-upgrade. Tout a bien fonctionné! En temps normal, cette modification manuelle ne devrait pas être nécessaire. Un ami et quelques personnes sur le forum d’Ubuntu ont pu avec succès ajouter le dépôt de XBMC si bien que c’est sans doute un problème local à ma configuration qui n’aurait de solution que la réinstallation complète, à moins de trouver plus tard, par hasard, une solution.

    XBMC mis à jour, les problèmes ne s’arrêtèrent pas là. En effet, hier soir, quand j’ai voulu me reprendre pour écouter Insomnie, eh bien j’avais le son, avec les voix, mais plus le 5.1. XBMC s’obstinait à décoder le flux AC-3 5.1 en stéréo et renvoyait ça par S/PDIF à mon ampli. Encore une fois, j’ai dû chercher, chercher, chercher, pendant presque trois heures! Ça a été très frustrant et j’ai bien cru qu’il n’y aurait rien à faire cette fois, pour arranger ça.

    XBMC passe à présent par PulseAudio pour produire du son, mais PulseAudio a encore quelques difficultés avec le passage des données AC-3 directement vers la sortie S/PDIF ou, encore pire, HDMI. Dans mon cas, c’était du S/PDIF au moins, mais même avec ça… D’abord, j’ai trouvé cette page qui indiquait d’utiliser Pavucontrol pour activer le passage du AC-3 et du DTS au niveau de PulseAudio. Un redémarrage de XBMC plus tard, je n’avais toujours pas le son 5.1.

    Mais pourquoi, nom de Dieu, cela fonctionnait-il parfaitement sous MPlayer et VLC? Eh bien ces deux-là étaient configurés pour envoyer le son directement vers ALSA. J’y avais veillé voilà des mois! Alors peut-on envoyer depuis XBMC directement via ALSA? Oui, ai-je découvert, mais il faut encore passer une foutue option en ligne de commande. Ainsi, comme avec Emacs, je ne pourrais plus démarrer XBMC directement depuis le Bureau; il allait falloir passer par le terminal à chaque fois. Je m’attendais à ce que ce bogue persiste pour plusieurs versions de Ubuntu, donc plusieurs mois, voire un an, alors cela ne me plaisait pas du tout.

    Je fis un test avec Totem qui, je sais, utilise PulseAudio. Lui aussi me sortait du son stéréo plutôt que passer le AC-3 directement. J’ai revu plusieurs fois les paramètres sous Pavucontrol. J’ai essayé de configurer XBMC en 2 canaux plutôt que 5.1. Je me suis assuré que sous Totem, la sortie directe AC-3 était activée. RIEN, non absolument RIEN, n’y changeait quoi que ce soit.

    Pour me faire fulminer encore davantage, eh bien une réponse à mon post sur le forum d’Ubuntu me suggérait que Linux n’est peut-être pas le meilleur choix pour moi! J’ai bien failli répondre avec un message de désespoir profond qui aurait donné de très mauvaises idées sur moi, mais je me suis ravisé et adouci le ton. Qu’y a-t-il comme alternatives si cette boîte à merde ne convient pas? Tout jeter et acheter un Mac? Tout formater et essayer avec Windows? Juste obtenir le Mac ou la licence de Windows vont me prendre une semaine après quoi je devrai me taper des problèmes de pilotes, de mises à jour qui n’en finiront plus, des caractères minuscules accentués par l’écran 1080p (une TV 4K, pensai-je, on va oublier ça!), beaucoup de transfert de fichiers, et peut-être rien de mieux au bout. En plus je devrai, dans le cas du Mac, avoir deux ou trois disques durs externes qui vont traîner sur mon meuble de cinéma-maison; ça va être laid et je vais inévitablement finir par en faire tomber un par terre. Ça n’a pas de bon sens! Et que dire de la sortie audio du Mac? Faudra que mon père ou quelqu’un d’autre bidouille un fil pour que le minijack puisse envoyer du S/PDIF à l’entrée coax de mon ampli ou que je change mon ampli pour un modèle avec entrée HDMI étant donné que bien entendu, le Mac n’a aucune sortie S/PDIF optique ou coaxiale!

    Oui le lecteur blu-ray va régler le problème pour les films, si je cherche à plus finir pour en avoir un avec sortie HDMI mais aussi S/PDIF (puisque mon satané ampli de malheur n’a pas d’entrée HDMI!), mais que vais-je faire pour la musique? Changer ma TV pour un modèle « intelligent » capable de fouiller sur mon réseau pour aller piger des fichiers musicaux sur mon ordinateur dans le bureau? Et si je n’ai pas le goût de payer 1500$ pour une nouvelle TV tandis que l’actuelle me contente très bien, et en plus faire venir chez moi plein de gens qui voudront acheter la vieille TV mise sur Kijiji et la négocier 200$ plus bas, voire davantage?

    À bout de nerfs, j’ai fini par faire le test en forçant XBMC à utiliser ALSA directement. Eh bien dès que j’ai démarré le film, de l’affreuse distorsion a commencé à sortir de mes haut-parleurs. Mais ça fonctionne sous VLC et MPlayer!!!! Pas avec XBMC. Il allait ENCORE falloir configurer PulseAudio en mode stéréo analogique de sorte que je n’aurais plus la possibilité d’utiliser YouTube, GrooveShark ou toute autre application Flash. Ça a été bien utile, GrooveShark, pour mettre de la musique la dernière fois que j’ai invité mon frère et ma sœur à souper. Je ne veux pas reperdre cette fonctionnalité! En plus il se pouvait que la configuration de PulseAudio ne suffise pas; j’allais peut-être devoir désinstaller PulseAudio, de sorte que je ne pourrais même plus faire fonctionner YouTube ou GrooveShark en configurant temporairement le son. PulseAudio est aussi une pierre angulaire d’Ubuntu. Le désinstaller va probablement supprimer beaucoup d’autres logiciels et probablement le méta-paquet ubuntu-desktop, ce qui va gêner toute mise à jour future. Vais-je me souvenir, dans deux ans, que je dois réinstaller ubuntu-desktop avant de migrer vers Ubuntu 16.04? Pas sûr! Que va-t-il se passer si j’omets cette étape? Je m’attends à une catastrophe apocalyptique, à l’échelle de la machine ça va de soit bien entendu! C’était vraiment décourageant, ce retour en arrière.

    J’ai songé à la possibilité d’utiliser la liaison S/PDIF pour la musique et une connexion analogique pour l’audio 5.1 dans le cas des films. Malheureusement, je ne suis même pas certain de pouvoir retrouver les trois câbles minijack vers RCA que j’avais achetés pour ça. L’un d’eux est maintenant à l’avant de l’ampli pour permettre de brancher facilement un source audio comme un laptop ou un lecteur MP3. J’aurais bien aimé l’avoir, ce fil-là, quand mon frère a voulu me faire entendre quelques extraits de musique, mais il avait été temporairement réquisitionné pour mon setup de musique. Il en reste peut-être un deuxième derrière le meuble, branché pour qu’un signal analogique de secours se rende de l’ordinateur au système de sons. Le troisième, je ne sais pas où il est! En plus, comme XBMC sert à la fois pour les films et la musique et passe par PulseAudio, je serais obligé de reconfigurer PulseAudio avec Pavucontrol à chaque fois que je voudrais passer entre films et musique. La configuration est pénible, car Pavucontrol ne fonctionne pas très bien avec juste le clavier et les caractères sont encore et toujours un peu trop petits, décidément une véritable gangrène depuis les écrans LCD!!!

    Certaines recherches m’ont mené à l’existence d’une bibliothèque A52 qui semble nécessaire pour effectuer le passage AC-3. J’ai alors tenté un sudo apt-cache search a52 et suis tombé sur le paquet libasound2-plugins-extra. Oh, pensai-je, j’avais lu quelque chose au sujet d’instructions pour compiler un plug-in A52 pour ALSA qui était susceptible d’aider PulseAudio pour le AC-3, mais ça semblait pour une vieille version d’Ubuntu. Peut-être le plug-in se trouvait-il dans ce paquet? Je l’ai installé après quoi j’ai redémarré Totem: en vain.

    J’ai tenté de revérifier, encore, les paramètres dans Pavucontrol. Eh oui, le AC-3 est toujours coché. Alors pourquoi? Avant de rendre les armes et commencer à planifier plus en détails une solution alternative parce que là j’étais vraiment tanné de me battre avec cette machine qui pose des difficultés depuis son achat en 2009, j’ai tenté un dernier coup avec XBMC. Il y a eu une distorsion de la mort, puis ensuite, comme par miracle, XBMC est retombé sur ses pattes et a commencé à envoyer des données AC-3 à mon ampli! J’ai éteint XBMC et réessayé: ok. Ce matin, j’ai fait un redémarrage complet du système et XBMC fonctionnait toujours avec le AC-3!

    Pour les problèmes de performance, j’ai découvert deux coupables: le serveur de Minecraft que je veux garder encore un peu, et Unity+Compiz. J’ai remplacé Unity par LXDE et j’ai eu une bien meilleure performance. J’ai eu quelques difficultés avec la taille des caractères et les touches de raccourci, mais ça semble pas trop mal maintenant.

  • Problème de pilote pour Fast Track Pro de M-Audio sous Windows 8.1

    Hier après-midi, j’ai tenté d’enregistrer des échantillons en provenance de mes deux synthétiseurs en utilisant une interface audio USB Fast Track Pro de M-Audio. L’opération, qui aurait dû être simple, s’est vite transformée en casse-tête. D’abord la connexion physique causa ses propres difficultés. L’interface audio est pourvue de plusieurs connecteurs et boutons qui sont impossible à identifier sans déchiffrer ce qui est écrit en minuscules à côté. À l’avant du boîtier, c’est déjà un peu pénible. En arrière, c’est encore pire. Je n’ai pour le moment trouvé aucune bonne solution à cela, outre mémoriser l’emplacement exact de chaque connecteur et chaque bouton.

    Le branchement effectué, j’ai démarré Ableton Live et tenté de là d’établir la liaison audio. Pour ce faire, j’ai configuré le logiciel pour qu’il utilise ASIO, testé que la sortie fonctionnait, puis j’ai configuré une piste audio pour qu’elle prenne une entrée externe en provenance de l’interface audio. J’ai vérifié maintes fois que l’entrée était l’interface audio et le son de la piste était dirigé vers la sortie principale, j’ai activé le monitoring et malgré ça, eh bien aucun son ne sortait de là.

    Pour vérifier la connexion physique, j’ai trouvé un réglage très utile sur l’interface audio: un potentiomètre A/B permettant de régler le taux de signal en provenance des entrées renvoyé directement vers les sorties. Cela m’a permis de confirmer que le son passait bien à travers l’interface audio, à un volume audible. Les diodes sur l’interface s’allumaient également.

    J’ai alors tenté d’éteindre Live et tester directement avec le Mélangeur de Windows. Pour cela, j’ai activé l’onglet indiquant les périphériques d’enregistrement et observé qu’aucune activité n’avait lieu du côté de l’interface audio. L’interface produisait des données que Windows semblait bêtement ignorer. J’ai essayé longtemps de chercher un moyen de configurer le système pour résoudre cette difficulté. Tout semblait OK. Tout portait à croire que l’interface était défectueuse, mais pourtant, dans ce cas, pourquoi les données passaient-elles correctement dedans?

    J’ai testé sous Linux: même phénomène. Je savais par contre que le pilote de cette interface sous Linux n’était pas parfait. Certains ont eu des difficultés avec les entrées audio et j’ai eu des problèmes au début avec les sorties. Alors le test n’était pas entièrement fiable.

    Il va falloir rétrograder à Windows 7 pour tester, me répéta une voix intérieure jusqu’à me mettre les nerfs à vif. Une autre voix me disait qu’avec un Mac, j’aurais pu réussir à effectuer un test qui aurait clairement identifié Windows ou l’interface audio. Mais je n’ai pas de Mac, bon sang. J’ai alors pensé que si j’avais conservé mon installation de Mac OS X sur mon ordinateur, ça aurait vraiment pu servir, cette fois. Bon, va-t-il falloir me retaper la configuration d’un Hackintosh pour vérifier mon interface audio? Pendant quelques minutes, j’ai cru que c’était cela qui s’en venait. Je n’avais pas la patience d’attendre des mois que quelqu’un ait le temps de tester cette interface sur une machine Windows 7 ou sur un Mac. Si je n’avais pas trouvé de solution, j’aurais fini par commettre un acte impulsif comme réinstaller Mac OS X (possiblement en formatant tout le second SSD) ou serais allé me chercher un Mac flambant neuf dont j’aurais bien regretté l’achat, après. J’aurais pesté contre la machine à cause des caractères trop petits et me serais senti obligé de la faire fonctionner parfaitement, ce qui m’aurait mis en maudit pendant des fins de semaine entières!

    D’abord, j’ai testé sur mon ultrabook. À ma grande consternation, le son se rendait dans la machine et jouait par les haut-parleurs internes! Mais pourquoi? Les deux machines exécutent toutes deux Windows 8.1! Mais l’ultrabook n’avait pas le pilote de M-Audio, seulement celui de Windows. J’ai songé simplement désinstaller le pilote de M-Audio, mais je me doutais que j’allais perdre la prise en charge de ASIO qui va aider pour la latence sous Ableton Live. Alors, on en revient bel et bien à choisir entre rétrograder vers Windows 7 ou migrer mon installation vers un environnement Mac OS X, sur un Hackintosh ou un véritable Mac. Outre les problèmes d’achat (en cas de vrai Mac) ou de configuration (en cas de Hackintosh), le transfert de licence d’Ableton Live allait lui aussi poser des difficultés. J’ai en effet activé le logiciel sur deux machines: une sur mon installation Windows de ma machine principale, une sur mon ultrabook.  Je n’ai pas trouvé de moyen de désactiver Live sur une machine afin de pouvoir transférer l’autorisation sur une nouvelle.

    Par chance, j’ai trouvé comment faire mieux! Le gros problème est que le pilote pour la Fast Track Pro, apparemment obsolète, ne se trouve plus directement sur le site de M-Audio. Le site principal de la compagnie redirige sur celui de Avid qui ne contient que des pilotes pour des nouveaux produits. J’ai donc dû faire une recherche sur Google et sélectionner le résultat dont le site ressemblait le plus à un de M-Audio. L’autre fois, j’avais pogné la 6.0.7 trouvé sur m-audio.fr. Hier, j’ai eu la 6.1.12 mais pour Fast Track pas Pro. Cela ne fonctionnait pas du tout: l’interface était prise en charge par le pilote de base de Windows, l’enregistrement fonctionnait, mais je n’avais plus le ASIO. Ensuite, j’ai eu la 6.1.10 pour Fast Track Pro et ça fonctionne ENFIN! Cela m’a permis d’échantillonner et de bénéficier de ASIO sous Ableton Live!

    Ainsi, tout est bien qui finit bien. Le démon d’Apple qui m’a tenté de nouveau a été conjuré une fois de plus, renvoyé dans son plan natal où son maître va pouvoir le houspiller à souhait pour son échec; j’espère qu’il n’y ira pas de main morte!

  • Intervention divine

    Pour la énième fois, j’enfilai ma tenue protectrice, vérifiai le bon fonctionnement des modules de vol et des champs d’énergie de protection, puis repartis en exploration. Il me fallait trouver au moins un couple d’abeilles tropicales et quelques bûches de bois magique pour mes futures créations. Je ne parvins à rien obtenir de tout ça. Je passai trois jours dans la jungle, cherchant sans relâche, sans pouvoir trouver quoi que ce soit.

    Désespéré, il ne semblait y avoir aucune autre solution que le passage dans un nouveau monde. Mais je ne voulais pas repartir de zéro, renonçant à mes outils, mon armure et mes ressources. Je disposais à présent de milliers de lingots de fer et d’or, en plus d’un peu de cuivre et d’étain. Dans une pièce au sous-sol aménagée à cet effet, j’avais planté des buissons spéciaux capables de produires des baies métalliques. Quand je faisais cuire ces baies, j’obtenais des pépites du métal correspondant, que je pouvais recombiner en lingots. J’ai vite installé une machine pour récolter les baies quand elles étaient matures et programmé mon système matière/énergie pour qu’il traite automatiquement les baies, les envoyant dans un four pour leur conversion en pépites. J’avais travaillé fort pour mettre tout ça en place. Ce n’était pas parfait, mais je voulais continuer avec ça plutôt que tout recommencer.

    J’ai aussi travaillé longtemps pour construire un système de production d’énergie. D’abord j’ai construit un appareil permettant de brûler de la matière inutile. Les résidus produits peuvent être envoyés dans une autre machine capable, avec l’aide d’énergie, de produire de la matière universelle qui peut être convertie en d’autres choses. En combinant cette matière universelle et de la pierre lumineuse, j’ai obtenu un nouveau matériau, le sunnarium. Ce nouvel élément permet de capter une plus grande portion de la lumière solaire. De plus, en combinant le sunnarium et de l’uranium, j’ai obtenu un matériau irradié permettant de produire une faible quantité d’énergie même en l’absence de soleil. Ces panneaux solaires avancés se sont avérés très utiles pour augmenter ma production d’énergie.

    J’ai aussi mis en place une machine coupant les arbres matures et récoltant le bois et les pousses. Un système de tuyaux envoyait les pousses dans une machine les replantant et une partie du bois dans des fours électriques pour en obtenir du charbon. Le charbon servait à son tour à faire bouillir de l’eau. La vapeur obtenue est envoyée dans un four traitant encore plus de bois ainsi que dans des moteurs et une turbine produisant de l’électricité.

    J’avais eu vent d’un ancien rituel permettant d’invoquer un dieu ou une déesse de mon choix pour exaucer un souhait. Pour accomplir ce rituel, j’aurais besoin de construire une plateforme de 25 mètres carrés en briques du Nether. À chaque coin, je dressai un totem en empilant trois blocs d’obsidienne. La chose faite, je plaçai un bloc de roche rouge au centre de mon autel sacrificiel et y allumai un feu. La roche rouge permet de faire durer le feu indéfiniment.

    En utilisant des planches de bois et une roche magnétique rouge qui permet de produire un faible courant électrique, je me confectionnai des blocs capables de produire des notes. Je mis en place un ordinateur capable d’émettre vers les blocs musicaux, puis passai une journée à programmer la machine pour qu’elle émette un son rhythmique. Voilà ce qui permettrait de produire une musique rituelle nécessaire pour invoquer les dieux.

    Lorsque je crus que tout était fin prêt, je me rendis compte que j’avais oublié une étape: frapper les totems d’une plaque de bois identifiant le dieu à invoquer. En théorie, je pouvais invoquer quatre dieux différents, en nommant chaque totem individuellement. Non, ce serait trop dangereux, car les dieux peuvent entrer en conflit entre eux et s’entre-déchirer. Je choisis donc une seule déesse: Ardnas, la Créatrice, celle qui soutient l’ombre et la lumière, permet l’existence du gazon et des animaux et unit le monde de la surface avec certains autres âges et dimensions.

    Utilisant une feuille de papier, j’inscrivis mon souhait: déplacer ma base vers un monde neuf, regorgeant de nouvelles ressources et peuplé de nouvelles créatures. Puis je jetai ça au feu. Rien ne se passa. Que manque-t-il donc? Ou bien est-ce que ce rituel n’est qu’une stupide farce? Ah, oui, je sais: le sacrifice. Il faut jeter dans le feu un animal ou un ennemi.

    J’allai me chercher un cochon dans mon enclos, le capturant avec un filet, puis je le relâchai dans le feu. L’animal poussa un cri et mourrut. C’est alors qu’un épouvantable coup de tonnerre se fit entendre. Tout sembla disparaître dans un éblouissant kaléidoscope de couleurs, puis tout devint blanc.

    Lorsque je repris mes esprits, apparemment rien n’avait changé. Mon autel était disparu, mais à part ça, la base était là et autour de moi, le paysage était le même. Un peu déçu, je retournai à la base pour constater des dégâts considérables. Tout le câblage électrique alimentant mes machines en énergie avait été détruit. Les panneaux solaires avancés étaient disparus, réduisant l’apport en énergie de façon significative. Mon système de production de bois pour obtenir du charbon destiné à mon brûleur à vapeur était paralysé. La salle de magie était entièrement détruite et tous les livres de liaison étaient disparus!

    J’ai passé des jours à tout réparer, tout reconstruire. Un moment donné, j’ai trouvé une page dans un coffre. La déesse Ardnas m’avait répondu et apparemment exaucé… partiellement.

    « Homme, je n’ai pas aimé ton sacrifice, parce que tu n’as fourni aucun effort pour obtenir ta proie. J’aurais mieux aimé que tu chasses ce cochon et l’amène avec des carrottes ou une corde plutôt que le transporter dans un filet magique. Mieux encore, tu aurais dû attendre la nuit qu’une créature hostile surgisse et attirer cette créature dans le feu, au péril de ta vie! En plus tu as utilisé des machines pour produire la musique rituelle tandis que j’aime beaucoup mieux qu’elle soit jouée par de vraies personnes. C’est pour cela que j’ai tout détruit les systèmes qu’il y a dans ta petite base. Tu passeras les prochaines semaines à tout essayer pour remettre en état et frustreras sans cesse, et peut-être un jour seras-tu effectivement obligé de déménager ton stock dans un nouveau monde. Mais au moins, tu auras ton nouveau monde. Regarde autour de toi: tout est là, tout est neuf. Va, et ne m’invoque plus, sinon je déchaînerai sur toi une colère destructrice! »

    Malgré mes erreurs dans mon rituel, Ardnas a été plutôt clémente avec moi. Toute la terre autour de ma base était neuve, jeune, regorgeant de ressources. Il ne me fallut pas longtemps pour trouver des bûches magiques et de nouvelles rûches. Je ne sais pas si c’étaient des abeilles tropicales, mais il y avait un espoir.

  • Le problème des adresses IP dynamiques

    Depuis plus d’un an, j’héberge sur une de mes machines un serveur Minecraft qui permet à mon ami et moi d’accéder à une map en tout temps. Pour parvenir à le faire, j’ai configuré mon routeur pour rediriger le port utilisé par le serveur de Minecraft vers la machine de mon réseau sur laquelle il s’exécute. Malheureusement, cela ne suffit pas à rendre la map accessible, car l’adresse IP permettant d’atteindre le serveur est dynamique.

    Pour éviter de laborieux échanges de données, j’ai utilisé un compte DynDNS pour associer le nom de domaine ericbuist.dyndns.org à mon adresse IP dynamique. Mon routeur, exécutant DD-WRT, pouvait communiquer correctement avec DynDNS afin d’effectuer la mise à jour. Seule contrainte: je devais me rappeler, au moins une fois par mois, d’établir une connexion manuelle au site de DynDNS afin de garder mon compte actif.

    Malheureusement, les choses n’en sont pas restées là. Durant la semaine du 9 avril 2014, j’ai appris que le service gratuit de Dyn serait terminé et qu’il me fallait soit passer au service payant, soit trouver un autre fournisseur de DNS dynamique. J’ai tenté longtemps de trouver une moyen pour réutiliser mon nom de domaine ericbuist.com existant plutôt que m’enregistrer auprès d’encore un nouveau fournisseur. Malheureusement, cela s’est avéré totalement impossible. HostPapa permet certes d’ajouter des sous-domaines, mais il faut indiquer l’adresse IP statique dans le cPanel. Pour qu’un script puisse mettre à jour dynamiquement, il doit utiliser l’API de cPanel et s’y authentifier, ce qui implique de mettre mon mot de passe HostPapa en clair dans du code ou un fichier de configuration! Ce solution PHP a été appliquée, apparemment avec succès, mais je trouvais ça un peu moche.

    Cheap-DomainRegistration, le registrar avec qui j’ai mon domaine ericbuist.com, n’offre aucune option allant dans ce sens, aucun moyen de configurer les zones DNS de façon détaillée. On peut définir des sous-domaines, mais cela se limite à rediriger le trafic web vers une URL.

    Alors voici comment j’ai résolu ce problème imprévu. D’abord, je me suis créé un compte sur freedns.afraid.org. Cela m’a permis d’obtenir ericbuist.twilightparadox.com. J’ai reconfiguré mon routeur pour appliquer le DDNS sur ce nouveau compte. Il m’a fallu fournir mon nom d’utilisateur et mot de passe FreeDNS, puis comme « hostname », une chaîne de la forme ericbuist.twilightparadox.com,<hash> où <hash> est le code numérique de l’URL de mise à jour fournie par FreeDNS.

    Toutefois, non désireux d’en rester là, j’ai accédé au cPanel de mon compte HostPapa. Sous la section Domaines, j’ai accédé à l’Éditeur avancé de zone DNS. De là, j’ai créé une entrée de type CNAME permettant de lier le sous-domaine eldorado.ericbuist.com à mon sous-domaine dynamique. Ainsi, si je trouve une meilleure solution plus tard impliquant moins de couches, je pourrai reconfigurer mes enregistrements DNS pour l’appliquer de façon transparente.

    Voici quelques solutions à plus long terme que je pourrais être appelé à explorer ou mettre en place.

    • Obtenir une adresse IP fixe auprès de mon fournisseur d’accès Internet. Cela risque de me forcer, si je reste avec Vidéotron, à passer au plan commercial, ce qui va gonfler ma facture inutilement. Il existe probablement des fournisseurs offrant ce genre de service à moindre prix, mais possiblement avec une moins bonne stabilité de connexion.
    • Déplacer mon enregistrement de ericbuist.com de Cheap-DomainRegistration vers un fournisseur de domaine dynamique tel que Dyn. Je ne suis pas certain de bénéficier de suffisamment de contrôle pour pouvoir diriger les requêtes à ericbuist.com chez HostPapa et seulement redéfinir un sous-domaine du côté du fournisseur dynamique. En cas d’échec, je risque de perdre mon domaine ericbuist.com dont je suis propriétaire depuis 2004. Pour amorcer un transfert de nom de domaines, il faut obtenir un numéro d’autorisation chez le registrar existant, et parfois l’option pour obtenir un tel numéro est inexistante. C’est alors un cas de difficiles négociations avec le registrar. Je serais vraiment déçu et choqué de devoir enregistrer ericbuist2.com et utiliser cela pour mon site web en lieu et place ericbuist.com!
    • Héberger mon serveur de Minecraft sur une machine disposant d’une adresse IP fixe. Je pourrais tenter ma chance avec Amazon EC2 ou CreeperHost, mais cela va me coûter des centaines de dollars par année et la machine virtuelle que j’obtiendrai sera sans doute moins puissante que la machine sur laquelle le serveur actuel s’exécute.
    • Si vraiment plus rien ne fonctionne, je pourrais me concocter un script obtenant mon adresse IP et la plaçant dans un fichier accessible par une URL public, en le téléchargeant sur mon espace web ou sur Dropbox. Ensuite mon ami pourrait consulter ce fichier et obtenir la nouvelle adresse. Un raffinement possible serait qu’un script le fasse et aille modifier le fichier hosts pour associer un nom à l’adresse dynamique, mais ça devient plutôt complexe pour une affreuse patch qui n’a pas lieu d’être.
  • La couleur préférée optimale

    Quelle est ta couleur préférée? Question si commune pourtant si vide de sens. Existe-t-il autre réponse à cette question qu’une variable aléatoire dont la valeur change avec le temps? En 2009, la couleur préférée d’une personne sera le rouge et ça deviendra peut-être le jaune en 2011.

    Je me suis alors demandé ceci. Quand la couleur n’a que peu d’importance pour moi, y aurait-il moyen de formuler une réponse sensée, objective, à cette question supposément si simple?

    Eh bien ma première tentative fut de dire que c’était le BLANC, parce que le blanc regroupe TOUTES les couleurs du spectre électromagnétique. Quoi de plus riche et intéressant qu’une couleur qui les unit toutes! Mais sur le papier, le blanc est l’absence de couleur, le manque d’inspiration, le vide. En peinture et en photographie, c’est le NOIR qui contient toutes les couleurs. Alors avec le blanc, je serai une personne riche aux yeux des éclairagistes et des artistes de la scène, adeptes de la synthèse additive, mais passerai pour une coquille vide aux yeux des artistes. L’inverse se produira avec le noir. De plus, le noir ou le blanc, c’est la saturation, la quantité plutôt que la qualité, l’absence de véritable contenu. Alors si j’opte pour l’une d’elles, cela montre que je suis une personne superficielle.

    Alors, ne pourrais-je pas établir un compromis en optant pour le GRIS? Le gris, en effet, est la médiane entre le noir et le blanc: ni trop riche en couleurs diverses, ni atteint de cette absence totale de couleurs qui rend tout stérile. Mais alors, suis-je un décis, incapable de pencher vers le blanc ou vers le noir? Peut-être bien.

    Ou bien dois-je y aller en fonction de ma personnalité? Si je suis d’un tempérament stressé, devrais-je opter pour le rouge afin de le dénoter, puisque le rouge est une couleur chaude? Ou bien devrais choisir le bleu, une couleur froide, pour montrer que j’aspire au calme et à la sérénité? Et le vert dans tout ça, qu’en faire? Si je le prends, puis-je le faire parce signifier que j’aime le contact avec la nature? Peut-être bien. Alors, rouge, vert ou bleu? Sais plus!

    Bon et il y a les couleurs de base de la synthèse soustractive à considérer. Comment faire pour choisir entre le jaune, le magenta ou le cyan? Bon sang que je ne sais pas!

    Alors peut-être la réponse est ceci: signifier mon eccentricité en choisissant une couleur qui n’a pas de nom!!! Je prendrais, par exemple, une combinaison linéaire arbitraire de rouge, vert et bleu, tiens disons 45% de bleu, 25% de rouge et 30% de vert. Mais si je prends des parts trop égales, je me retrouve avec du gris et montre le fait que je suis indécis, incapable de choisir!

    Alors peut-être serais-je mieux avec une couleur qui évoque de beaux souvenirs, comme le beige qui me fait penser à la chatte Kitkat de mes parents. Oui oui, mais dans quelques années, Kitkat ne sera plus de ce monde et le beige évoquera son décès, un triste événement que j’aurai certes envie d’oublier.

    Alors, ce n’est pas noir, ce n’est pas blanc, ce n’est même pas gris, ce n’est pas rouge, ce n’est pas vert, ce n’est pas bleu, on ne sait pas si c’est jaune, magenta, cyan, et c’est peut-être beige, pour le moment. Oui, ce sera ça, ma réponse!

  • Groovy? Pas sûr…

    Hier, je me suis dit que ça vaudrait la peine d’essayer d’utiliser le langage de programmation Groovy pour un projet chez Nuance. J’estime que cela va me permettre de générer et manipuler du XML plus facilement et m’éviter de répétitives constructions. Plutôt qu’écrire du code pour effectuer la même opération sur chaque item d’une liste, classifier des items selon certains critères afin de pouvoir appliquer un traitement spécifique à chaque classe d’items, ouvrir des fichiers, etc., je pourrai me concentrer davantage sur la logique du programme et éviter de perdre plein de temps à écrire de la poutine répétitive et déboguer. Eh bien pour le moment, c’est exactement tout le contraire! Voici pourquoi.

    • Cette journée a mal commencé avec un problème de connexion de mon écran. Mon laptop de Nuance est relié chez moi à mon écran par un adaptateur mini-HDMI vers HDMI, un fil HDMI qui va dans un commutateur HDMI, puis un fil HDMI vers DVI qui va dans l’écran. Eh bien je n’avais plus d’image. Pourtant, mon ordinateur personnel, lui aussi raccordé au commutateur et allumé pour des raisons qui importent peu ici, affichait le bureau d’Ubuntu. C’est arrivé à quelques reprises et j’ai dû débrancher et rebrancher le câble mini-HDMI. Eh bien en vain cette fois. Cela a fini par fonctionner en essayant avec un autre adaptateur mini-HDMI! Je ne sais pas encore si c’est vraiment l’adaptateur, car mon Raspberry Pi a aussi, hier soir, refusé d’afficher en HDMI. C’est donc peut-être le foutu commutateur si bien qu’il faudrait idéalement que je remplace mon écran par un doté de plusieurs entrées HDMI. Mais les écrans d’ordinateur ont pour la plupart une seule entrée DVI ou HDMI.
    • L’installation de mon environnement Groovy a posé des difficultés. Je n’ai eu aucun mal à installer Groovy lui-même, à mettre en place le plugin Groovy pour Eclipse, mais après, les problèmes ont commencé. Je me suis vite rendu compte qu’il valait mieux créer un nouveau projet distinct dans Eclipse pour cette nouvelle tâche, pas seulement pour éviter d’introduire des difficultés dans les builds à cause de Groovy mais aussi par souci de séparation correcte du code. Sans cela, Eclipse indiquait que le compilateur Groovy du projet, dicté par le fichier POM de Maven, ne correspondait pas au compilateur utilisé par défaut dans Eclipse. Il fallait alors modifier les propriétés du build, dans Eclipse, et il n’y avait pas de synchronisation avec le fichier POM de Maven, donc modifier le fichier POM risquait de nécessiter de refaire le paramétrage du build, et toute personne désireuse de consulter mon code dans Eclipse aurait elle aussi à paramétrer le build.
    • Trouver comment configurer mon fichier POM pour que Maven puisse gérer mon satané projet Groovy n’a pas été une mince affaire. Le plugin GMaven qui semblait devoir faire ce travail est discontinué, sans aucune alternative convainquante pour le remplacer! Le seul candidat est un plugin Groovy-Eclipse-Compiler qui me semble un joli hack utilisant le compilateur d’Eclipse en arrière-plan pour compiler du Groovy! Mais bon, c’est tout ce qu’on a alors on essaie. Eh bien il me fallut copier/coller plusieurs blocs de code dans mon fichier POM et ça ne fonctionnait même pas pour les raisons suivantes!
    • Eclipse s’est d’abord plaint qu’il y avait deux installations de Groovy dans le classpath. J’ai dû exclure celle en provenance d’un projet dépendant; c’était la 1.8 et je voulais partir avec la 2.0. Après, eh bien encore cette erreur de correspondance du compilateur: mon projet voulait Groovy 2.1, Eclipse avait la 2.0! Il m’a fallu utiliser une version antérieure de Groovy-Eclipse-Compiler, et trouver le bon numéro de version a demandé des recherches à plus finir.
    • Après tous ces efforts, eh bien Eclipse est devenu affreusement lent et gelait à tout bout de champ. Cela a fini par des erreurs à propos de mémoire insuffisante puis un plantage. Par chance, le comportement était plus normal après le redémarrage d’Eclipse.
    • Ensuite, le développement a véritablement commencé. D’abord, le plugin Groovy d’Eclipse souffre de problèmes lorsque vient le temps de proposer des noms de classes, méthodes et propriétés. Parfois, il trouve un nom, parfois pas, et c’est très arbitraire. Par exemple, j’avais une variable de type String (chaîne de caractères), et Groovy avait l’information à propos du type (à noter que ce n’est pas toujours le cas vu la nature dynamique de Groovy). Eh bien Eclipse localisait la méthode toLowerCase() mais pas toUpperCase()! La complétion de noms de classes fonctionnait parfois, mais elle n’ajoutait pas toujours l’importation nécessaire si bien qu’après coup, j’avais des erreurs indiquant que la classe récemment référencée n’était pas trouvable, devais sélectionner sa référence et appuyer sur CTRL-SHIFT-M pour ajouter l’importation. Ça fonctionnait parfois, parfois pas, il fallait alors appuyer plusieurs fois!
    • D’autres difficultés surgirent en raison de ma connaissance embryonnaire du langage Groovy. Par exemple, je me suis emmêlé les pinceux avec la notation pour construire un tableau associatif. Il ne faut pas utiliser [a:b, c:d]; ça ne va pas fonctionner, le compilateur va se plaindre de l’absence des variables b et d. Il faut plutôt utiliser [a: »b », c: »d »] ou encore [« a »: »b », « c »: »d »]. Mais pourtant, GroovySH va bêtement afficher [a:b, c:d] si on lui demande de montrer le tableau! Déclarer une variable de type List<?> ne fonctionnait pas: il fallait que j’utilise simplement List; en Java, cela déclenche un avertissement comme quoi c’est un type brut. Mais si je déclarais List[] ou List<?>[], eh bien j’avais un avertissement à propos du type brut! Il faut utiliser des listes au lieu des tableaux ou bien ne pas déclarer de type du tout. Mais je trouve ça plus clair de donner le type, surtout pour les arguments d’une fonction!
    • J’ai été bien choqué quand j’ai voulu créer une classe avec des champs et y générer des accesseurs, car la fonction d’Eclipse pour le faire n’était pas disponible en Groovy. Je me suis alors rappelé qu’il existe des annotations pour indiquer à Groovy de générer ces accesseurs automatiquement. Eh bien je n’arrivais pas à retrouver ces annotations dans la documentation et des recherches sur Internet me donnèrent à des indices pour bâtir une transformation d’AST personnalisée permettant de le faire!!! Bon sang! Par chance, il suffisait de déclarer mes champs sans modificateur d’accès pour que Groovy ait l’intelligence de les traiter comme des propriétés et alors définir les accesseurs.
    • Outre les problèmes syntaxiques, il y a aussi eu des difficultés d’API. Jusqu’à ce que je trouve la documentation du GDK, indiquant quelles méthodes Groovy ajoute à Java, je n’arrivais pas à savoir facilement comment appliquer une transformation sur tous les items d’une liste (collect peut le faire), s’il était possible d’ouvrir un fichier texte en UTF-8 avec un seul appel de méthode plutôt que construire le FileInputStream, puis le InputStreamReader, et enfin le BufferedReader, etc..
    • J’ai aussi eu des difficultés avec le débogueur qui s’est remis à se plaindre chaque fois que je définissais un point d’arrêt conditionnel. J’avais beau vérifier et revérifier l’expression de la condition, tout était OK. Pourtant, j’avais cette maudite erreur. J’ai encore été obligé de modifier le code temporairement après quoi le point d’arrêt fonctionnait, mais Eclipse n’arrivait pas à trouver le code source de la classe, dans un projet importé par dépendance Maven qui était pourtant dans mon espace de travail Eclipse! Il m’a fallu indiquer l’emplacement explicitement puis j’ai enfin pu déboguer le code. C’est possible que ce soit ça qui ait brisé les points d’arrêt conditionnels.
    • J’ai eu des erreurs d’exécution à la pelle! Le code compilait, semblait beau, mais à l’exécution, j’avais des problèmes à propos de méthodes ou de propriétés inexistantes. Cette fois-ci, ce n’était pas Groovy, ni Maven, ni Eclipse mais bien mon code; il fallait corriger les petites erreurs. Certaines erreurs ont été difficiles à corriger, surtout celles qui ont surgi quand je me suis mis à utiliser le MarkupBuilder de façon un peu exotique pour construire mon XML de façon dynamique. Oh là là! La documentation de Groovy n’explique pas très bien comment fonctionne le builder; c’est un fichier en progression. Mais pourquoi placer une page sur un site web pour simplement écrire, pendant deux ans, work in progress ou coming soon? Je ne me souviens plus exactement d’où j’ai eu les indices pour comprendre ce qui se passe, peut-être dans le chapitre sur les DSL de Groovy in Action. Le problème ici était que mon fichier XML n’était pas statique: je devais générer un élément <task> pour chaque tâche de mon application et y injecter des attributs au besoin, pas toujours tous les attributs! Par chance, la chose a été possible et peut être étendue pratiquement à l’infini.

    En bref, quelle galère! On se demandera si tout ceci a valu le coup. Je me le demande moi aussi. Je pense que l’apprentissage de Groovy aura une utilité si bien que je prévois continuer cette exploration. Je ne saurais pour le moment mesurer la contribution exacte de Groovy, Eclipse et Maven dans cette expérience plutôt déplaisante.

    Il faut garder à l’esprit que j’ai eu beaucoup de difficultés avec Eclipse, incluant des problèmes avec la complétion de noms de classes et de méthodes, les points d’arrêt conditionnels qui boguent parfois mais au moins pas de plantages, pas sous Windows en tout cas. Sous Linux, j’en ai déjà eu à plus finir. Pourtant, les alternatives à Eclipse sont plutôt limitées: NetBeans qui ne gère même pas bien le fichier POM de notre projet chez Nuance, IntelliJ dont la version gratuite est bridée (on ne sait JAMAIS quand on tombera sur un blocage demandant la version payante!!!) et puis les éditeurs de texte comme Notepad++, Emacs, Vi, etc. Ces éditeurs sont excellents, je ne peux que l’avouer, mais ils ne suffisent pas à la tâche pour gérer un gros projet Java ou Groovy avec plusieurs classes.

  • La vengeance des pingouins!

    Hier à ma fête, j’ai eu plusieurs cadeaux de mon frère et sa blonde exploitant la thématique des pingouins, le symbole du système d’exploitation Linux. Eh bien faut croire que les pingouins n’ont pas beaucoup aimé (moi j’ai bien aimé, pourtant!), car ils se sont vengés hier soir et aujourd’hui. Voici comment, une vraie histoire d’horreur.

    • XBMC, mon lecteur multimédia sur mon HTPC Linux, a planté deux fois hier soir. Ça gelait et plus aucun contrôle ne répondait. Il fallait alors que je bascule sur la console texte et que je tue XBMC de façon brutale. En plus, la saisie de mon mot de passe trop complexe est devenu problématique, demandant entre trois et quatre essais chaque fois! J’ai fini par en mettre un plus simple, vraiment tanné de me faire embêter par ça!
    • Mon serveur de Minecraft, sous Linux, a eu des ratés parce que je pensais l’avoir mis à jour à FTB Unleashed 1.1.7 tandis qu’il exécutait toujours 1.1.3. Le client, désynchronisé, se plaignait, n’arrivant plus à établir la connexion vers le fabuleux univers de Taowa. Remettre la version recommandée ne produisait aucun effet, car il faut croire que le lanceur FTB conservait des parties de la nouvelle version plutôt que tout réinstaller.
    • FTB Launcher, le client me donnant accès à Taowa, il a fini par m’afficher un bel écran vide et plus rien ne fonctionnait. La touche ALT-F4, devenue pratiquement inopérante à présent, ne faisait plus rien encore une fois. Cliquer sur le X non plus, il fallait vraiment tuer le processus de force, encore. Ensuite, j’ai été obligé de tout réinstaller, en exécutant le lanceur dans un autre répertoire, et après, eh bien j’avais un écran noir à chaque démarrage de Minecraft. Ainsi, Ubuntu ne permet PLUS d’exécuter Minecraft, probablement encore une mise à jour qui a brisé le pipeline graphique. Ils ont brisé le pipeline pour la Intel HD4000, rendant le jeu saccadé pratiquement plus jouable, et voilà que c’est fait pour NVIDIA aussi. Faudra que j’endure ou tente ma chance avec une carte ATI, mais je n’ai rien à faire de plusieurs cartes graphiques PCI Express remisées pour incompatibilité arbitraire.
    • Une tentative d’installation de Linux Mint 16 édition Cinnamon en lieu et place de Ubuntu qui pose de plus en plus de difficultés aussi absurdes qu’imprévues a été une véritable catastrophe: pointeur de souris vraiment trop petit, options d’accessibilité pour agrandir les caractères ayant à peine un effet, l’interface graphique a gelé sans raison, me forçant à tout redémarrer, puis un plantage du programme d’installation au moment de marquer la partition principale de Mint pour formatage! Bref, ça ne fonctionne pas du tout! Le seul point positif est qu’aucune perte de données ou de configuration n’est à déplorer suite à ce court et désagréable essai, car le système n’a infligé aucun dommage à mes partitions.

    On dirait bel et bien que Linux, désormais, est confiné aux machines virtuelles, aux serveurs sans écran (capacités graphiques instables) et aux appareils mobiles (genre Android). Il est possible que seules certaines cartes graphiques soient parfaitement prises en charge et que leur marque varie dans le temps.  Par contre, un problème de pilote graphique peut certes expliquer XBMC instable, Minecraft ne fonctionnant plus et le plantage de l’interface de Mint, mais pas la défaillance du programme d’installation de Mint.

    Pour la défaillance de l’installeur de Mint, peut-être est-ce l’EFI, peut-être est-ce le SSD, peut-être est-ce le Ivy Bridge, peut-être n’est-ce rien de tout ça. Je ne sais pas et étant donné que l’interface de Mint m’a vraiment déplu, ça ne sert à rien de le savoir.

    Les interfaces graphiques régressent, en plus. On assiste à une perte progressive de contrôle: plus moyen de changer la taille du pointeur de la souris (Ubuntu, Mint), plus moyen de grossir les caractères (Mac OS X, peut-être Mint), plus moyen de configurer les couleurs et la transparence (Windows 7+, probablement Mac OS X, peut-être même Ubuntu et Mint!).

    Plutôt que travailler sur la personnalisation, eh bien les éditeurs de systèmes d’exploitation préfèrent rajouter davantage d’applications de base qui ne font rien et qui doivent, une par une, être substituées par des logiciels tiers. À quoi bon améliorer Paint si personne de sérieux ne s’en sert, le remplaçant par Paint.net, Gimp ou, « mieux » encore, par Photoshop? À quoi bon améliorer Wordpad si les gens le remplacent par Notepad++, Word ou, mieux encore, LibreOffice? Pourquoi améliorer Internet Explorer si personne ne s’en sert, le troquant pour Chrome ou Firefox?

    L’utilisateur de Mac fera la même chose, troquant Mail pour l’interface web de GMail, plus flexible et plus portable. Il délaissera iMovie pour s’en aller vers Final Cut. Il abandonnera vite Garage Band pour le remplacer par Audacity ou un logiciel audio professionnel comme Pro Tools de Avid ou Live de Ableton. Puis un jour, il voudra essayer le dernier jeu et délaissera Mac OS X complètement pour balancer un Windows sur son beau MacBook flambant neuf. C’est triste!

    L’utilisateur Linux, de son côté, remplacera progressivement les applications de GNOME ou de Unity par d’autres: Totem sera abandonné au profit de MPlayer, VLC ou XBMC, GEdit pour Vi ou Emacs, Banshee pour Audacious ou autre chose, etc. Au moins avec Ubuntu, on peut obtenir toutes ces alternatives depuis le gestionnaire de paquets: pas besoin de visiter des dizaines et des dizaines de sites (quoique Ninite peut beaucoup aider sous Windows!) et surtout, pas besoin de débourser un centime pour ces alternatives.

    Mais il n’en demeure pas moins qu’à cause de l’intégration de tous ces petits jouets, le cœur même du système, ses fondements, sa flexibilité, en souffrent, parce que les éditeurs se concentrent sur la mauvaise cible.

  • Windows 8: pas la grande révolution mais pas si mal

    Je suis toujours curieux quand une nouvelle version de Windows voit le jour et je finis toujours par l’essayer, d’une façon ou d’une autre. Mais depuis Windows Vista, je suis plus hésitant, car ce système m’a forcé à rétrograder vers Windows XP, ce qui est une lourde et inutile perte de temps.

    J’ai lu et entendu plusieurs choses au sujet de Windows 8 et j’ai voulu me faire ma propre idée. J’en ai eu la possibilité, car pour 30$, je pouvais en obtenir une copie étant donné que je m’étais procuré Windows 7 durant l’été 2012, en achetant mon nouvel ordinateur. Je l’ai donc téléchargé et gravé sur un DVD en prévision d’une installation sur ma machine.

    Longue hésitation

    Dimanche, 11 novembre 2012, avant la messe, j’avais dans l’esprit me taper l’installation de Windows~8 le jour même! Avant d’entreprendre cette périlleuse opération, je voulais par contre effectuer une sauvegarde de ma partition actuelle de Windows 7 en utilisant CloneZilla. Malheureusement, les choses ne sont pas bien
    passées. D’abord, CloneZilla a refusé de démarrer en UEFI, et ne démarrait pas en BIOS non plus. C’était encore le procédé de création de la clé USB qui avait échoué. J’avais utilisé Tuxboot qui est dérivé de UnetBootIn. Décidément, cet outil ne fonctionne VRAIMENT pas bien! J’ai donc dû redémarrer la machine sous Ubuntu (par chance c’est très rapide à faire!) et graver l’ISO sur… un DVD. Choqué, je n’ai
    même pris le temps de regarder de quel disque il s’agissait si bien que j’ai gaspillé un DVD pour un ISO de 150Mo! Par chance, le disque créé a démarré, pas en UEFI, mais a démarré malgré tout!

    J’ai alors pu entamer la sauvegarde. Mais ça a été super long, au moins trois fois plus long que le temps estimé. Résultat: il fut temps de partir pour la messe et l’opération n’était pas encore terminée. Cela me mit en maudit, car je savais que ça aurait dû être moins long que ça. La cause de la lenteur pouvait être multiple: disque dur trop
    vieux, convertisseur SATA vers USB problématique, port USB avant de la tour pas assez performant. À l’idée que ça fonctionne mieux si je branche le disque en arrière, j’ai pogné les nerfs et me suis dit que j’aurais été aussi bien avec un laptop. Je me suis presque juré d’aller le chercher le jour même si la machine avait le malheur de redémarrer ou faire la cochonne avec le bloc d’alimentation, me le faisant sauter, pendant que j’étais à la messe.

    J’ai réfléchi en allant là-bas et me suis dit que je pouvais bien attendre pour cette mise à jour vers Windows 8. De la façon que j’étais parti, j’allais continuer jusqu’à virer fou à faire des installations et des mises à jour chaque fin de semaine! Il faut prendre
    un break et apprécier les fonctionnalités que j’ai, là, en ce moment!

    Par chance, au retour de l’église, je ne sentis pas d’odeur de brûlé
    et la machine était toujours en marche. Elle avait terminé la copie et
    la vérification. Encouragé, j’ai fait une sauvegarde de ma partition
    Mac aussi. Pendant le déroulement de l’opération, j’ai passé
    l’aspirateur. Puis j’ai pu démarrer mon système sous Mac OS X avec
    succès.

    Samedi, 17 novembre 2012,  j’ai lu 10 raisons de ne pas installer Windows 8 qui a réduit pas mal mes envies de l’essayer. Ça a l’air d’une patente qui va encore me faire pogner les nerfs. Il semblait nécessaire de constamment commuter entre le nouvel environnement Metro et l’ancien Bureau.

    Découverte par obligation

    C’est seulement samedi, 27 avril 2013, que j’ai été exposé à Windows 8.  La veille, on a reçu chez Nuance des ultrabooks pour tester notre application d’assistant personnel pour PC. Ce sont des Dell XPS13, super minces et légers, avec deux micros et une web cam intégrés. Comme mon laptop se faisait vieux, les gens de mon équipe étaient d’accord pour me dédier un des huit ultrabooks. Petit hic: c’est une bêbite Windows 8!

    Bon, Windows 8, c’est moins pire que je pensais! D’abord, les coins actifs ne sont pas si actifs que ça. Ils ne font pas tout disparaître le contenu de l’écran comme sous GNOME 3, seulement popper de quoi en haut, en bas ou sur le côté droit. Le passage entre Metro et le Bureau, qui est un peu tannant, se fait au moins très rapidement. Sur un écran non tactile, Metro ne sert à rien. Ma patch #1 pour le problème de taille des caractères fonctionne, celle pour le pointeur de la souris aussi. Le contraste des items sélectionnés dans les menus est mieux, de base, que sous Windows 7: pas besoin d’une aptch pour ça.  L’accès au menu latéral, appelé Charm, m’a causé problème au début, mais cet après-midi, j’ai découvert LA parade: Windows-C, ça active le menu sans niaiser avec la souris. Windows-D bascule de Metro vers le Bureau, et Windows bascule du bureau vers Metro. On a donc moyen de naviguer efficacement entre
    les deux.

    Windows 8, bof, pas si génial que ça. Ça reste un Windows 7, avec des
    ajouts qu’on finit pour la plupart par contourner. Et ceux qui sont
    habitués au bon vieux menu Démarrer souffrent avec ça. Mais bon, jusqu’à date, je pourrais travailler avec.

    J’ai travaillé avec Windows 8 sur l’ultrabook pendant des mois, et ça s’est assez bien passé. Je n’ai eu aucun blocage majeur. Sur mon PC personnel par contre, j’éprouvais beaucoup de difficultés aussi bien avec Ubuntu et Mac OS X: des incompatibilités ou des régressions arbitraires sous Ubuntu, la nécessité croissante d’ajouter une carte graphique parce que l’affichage 3D au début correct était rendu saccadé après une mise à jour logicielle, des caractères minuscules impossibles à agrandir sous Mac OS X, de quoi me rendre cinglé. Un jour, je me suis décidé à reconstruire le système plus simple, sans Mac OS X. Tant qu’à faire, j’en profiterais pour migrer vers Windows 8.

    Installation sur le Drake

    Cela a eu lieu dimanche, 7 juillet 2013. J’avais de plus en plus de difficultés avec Ubuntu. Ça me donnait des écrans noirs deux démarrages sur trois et parfois, quand je réussissais enfin à amorcer ça, plus rien ne fonctionnait; il fallait sans raison valable parfois utiliser la souris pour démarrer une application tandis qu’habituellement, ça fonctionnait avec le clavier. Puis Minecraft roulait encore
    saccadé après tout ça. On dirait bien qu’Ubuntu ne gère plus
    correctement la puce graphique et aucune solution en vue.

    Je pensais revenir au setup VirtualBox, parce que ça ne me tentait pas de rétrograder le CPU pour avoir une Intel HD3000 au lieu de la HD4000 (peut-être mieux de problème avec le pilote, peut-être même pas!), recompiler le noyau pour essayer de patcher moi-même le problème dont tout le monde se foutait, installer une carte graphique qui n’apporterait rien de plus que peut-être faire fonctionner ça jusqu’au prochain
    bogue qui allait briser ça aussi, etc. Si je me débarrassais de Mac OS X, qui ne fonctionnait pas à mon goût de toute façon, le setup VirtualBox pourrait à la limite faire l’affaire. Il restait le bogue de la roulette de la souris qui cesse parfois de fonctionner dans VirtualBox. S’il n’est pas réglé, faudra peut-être me résoudre à désactiver la roulette complètement et utiliser les flèches du clavier pour le défilement.

    Mais je savais qu’un jour, j’allais tenter ma shot avec Windows 8, tôt ou tard, alors j’aurais à tout recommencer l’installation de VirtualBox. Alors j’ai décidé de me taper Windows 8 à ce moment. Mais je n’eus pas à le regretter. Comme j’ai expérimenté sur l’ultrabook de Nuance, ça fonctionne comme Windows 7. Il n’y a pas d’instabilité ou de lenteur accrue du genre de ce à quoi on a eu droit avec Windows Vista.

    Les nouveautés de Windows 8 sont indubitablement insignifiantes pour un affichage non tactile. Je suis content de ne pas avoir payé 150$ pour ça. D’abord, le système voulait que j’utilise une adresse de messagerie comme compte Windows. Ok, on
    essaie avec mon adresse GMail. Niaon! Ça prend une adresse Microsoft, donc encore un nouveau mot de passe à créer. Mais par chance, il est possible de se brancher avec un compte local, ce que j’ai fait. Le compte Microsoft devint par contre une nécessité par la suite, pour accéder au Windows Store, le meilleur moyen moyen de passer à Windows 8.1.

    L’accès aux applications People et Mail exige un compte Microsoft aussi. Par chance, le compte créé, il est possible de relier des comptes GMail, Outlook, Exchange, etc. Contrairement à ce que j’ai cru initialement, l’utilisateur n’est pas contraint d’utiliser un compte Outlook et migrer tous ses contacts et courriers électroniques!

    Ensuite, je voulais changer la photo de mon avatar; le système m’offrait l’accès à SkyDrive mais pas Dropbox pour aller chercher la photo. J’ai été obligé de chercher longtemps sur mon système de fichiers pour la trouver et la recherche intégrée n’amenait même pas la photo dans l’application pour configurer l’avatar.

    Par chance, mes outils favoris du moment fonctionnent. Minecraft, pas de problème. Je l’ai démarré  et j’ai créé mon premier ordinateur dans le jeu.

    La mise à l’échelle qui pose des problèmes

    Ableton Live 9 s’est installé et a démarré. Au démarrage, RIEN, NADA, NIET! Avant de tout abandonner, j’ai par chance eu la bonne idée d’essayer la 8. Ça a fonctionné et la 9 démarrait après ça! La 9 est sans doute un upgrade qui dépend de la 8. FIOU! J’avais lu que ça fonctionnait à part quelques glitches mineurs alors j’aurais été bien surpris et choqué que ça ne démarre même pas! Par contre, quand j’ai installé Live 9 sur Hellora, mon nouvel ultrabook, fin 2013, je n’ai eu besoin que de la 9.1, pas de bogue comme sur le Drake.

    Lundi, 29 juillet 2013, j’en suis arrivé à la conclusion qu’Ableton Live, c’était limite inutilisable. J’ai découvert peu après les premières utilisations que le logiciel devenait fou dès que je déplaçais un contrôle ou un clip avec la souris.  Quand je cliquais sur un élément, le pointeur sautait ailleurs dans l’écran, ce qui occasionnait un réglage incorrect ou le déplacement du clip à un endroit où je ne le voyais plus. Il m’a fallu beaucoup de temps pour découvrir que c’était à cause de l’ajustement effectué pour agrandir la taille des caractères. Il y aura de plus en plus de logiciels perturbés par cela et c’est très dérangeant. Après Live, il y a eu VideoStudio de Corel, le programme de désinstallation de Avast et j’ai même lu des histoires d’horreur au sujet de Google Chrome, dans un environnement à écran tactile! Si de plus en plus de logiciels sont programmés pour être incompatibles avec la mise à l’échelle, je me retrouverai exactement comme sous Mac OS X, avec l’impossibilité d’agrandir les caractères, et serai contraint de cesser d’utiliser l’ordinateur à moins de trouver une personne pour m’aider à chaque fois! Ce serait tout simplement terrible, inacceptable. Par chance, on n’en est pas encore là.

    Rendu là, j’étais obligé de me brancher sur un autre compte utilisateur pour utiliser Live avec des paramètres d’affichage différents et le pointeur de la souris, même configuré au plus grand, était trop petit avec ces paramètres. Il fallait idéalement
    un contrôleur pour piloter TOUT le logiciel, mais ce que je connaissais coûtaient trop cher (APC40, Push, par exemple) ou ne contrôlaient qu’une infime partie du produit (application Android ou padKontrol de Korg par exemple) à moins de faire
    BEAUCOUP de tweaking, ou ne faisaient rien du tout (clavier MIDI sans port
    USB) à moins de rétrograder à Windows XP pour faire fonctionner le USB->MIDI. Au désespoir, j’ai envisagé revendre ma licence de Live et me procurer un ou plusieurs synthétiseurs matériels. La famille Volca de Korg serait très intéressante, mais je ne disposais pas de l’infrastructure nécessaire pour en tirer parti, à savoir du filage, beaucoup de filage, un mixeur pour pouvoir entendre les trois appareils, une carte son externe pour échantillonner le résultat, un logiciel de montage audio pour faire des arrangements plus avancés, etc.

    C’est plus tard que j’ai découvert une parade consistant à désactiver la mise à l’échelle. Il me fallut recourir à une passe de base de registre, parce que les options de compatibilité sont inhibées pour les programmes 64 bits. Mais la chose faite, mon logiciel fonctionnait #1, comme sous Windows 7! Ce problème de mise à l’échelle a mérité son propre article.

    FRAPS: un autre deuil à faire

    Mon logiciel de capture vidéo, FRAPS, m’a lâché le 5 octobre 2013. Il s’est mis à planter sans cesse et j’ai fini par trouver des posts de forums indiquant qu’il était incompatible avec Windows 8. J’en ai testé plusieurs qui n’ont pas fonctionné du tout, puis j’ai trouvé BandiCam, qui va relativement bien. J’aime mieux FRAPS, car les fichiers produits par défaut fonctionnent mieux avec VideoStudio de Corel, mais BandiCam peut aussi faire le travail, à condition de le configurer correctement ou être prêt à passer tous les fichiers générés dans un convertisseur pour normaliser le format. Le problème de capture vidéo a lui aussi fait l’objet d’un article séparé.

    Windows 8 menace Ubuntu

    Le système de Microsoft fait peser une menace perpétuelle sur mon favori numérique Linux, et ce pour de multiples raisons. D’abord, Ubuntu souffre de plusieurs instabilités et comportements erratiques qui finissent par me taper sur le système à la longue. Quand il faut plusieurs démarrages pour amorcer la machine (réglé deuis l’achat d’une carte graphique NVIDIA, au moins), quand Chrome demande un mot de passe tandis qu’il ne le fait pas sous Windows et même Mac OS X, quand le système décide d’une version à l’autre de cesser de prendre en charge, pour deux ou trois versions successives, mon iPod, mon téléphone ou ma tablette, quand le retour de veille plante la machine et oblige à redémarrer au complet, on a envie de tout balancer ça et revenir à Windows! Windows 8, pour sa part, ne souffre pas de tous ces plantages, mais je m’ennuie de la ligne de commande Bash, de LaTeX et de Unison.

    Windows 8 a aussi appliqué des mesures actives qui peuvent dissuader un néophyte d’installer Linux! D’abord, le mode de démarrage rapide met le disque dur dans un état transitoire incompatible avec le module NTFS-3G de Linux. Désactiver ce mode est une nécessité à moins de tout formater en FAT32 les partitions de données, ce qui est à mon avis inacceptable sur un disque de plus d’un terra-octet! Ce problème de démarrage rapide a fait l’objet d’un autre article.

    Après la mise à jour vers Windows 8.1, j’ai aussi éprouvé des difficultés avec un filigrane m’indiquant que SecureBoot n’était pas activé.  SecureBoot restreint l’amorçage à seulement des exécutables EFI signés, ce qui va inévitablement rendre difficile l’installation de toute distribution de Linux. Ayant assez de problèmes comme ça avec Ubuntu, j’ai opté pour la simplicité en faisant sauter ce filigrane; il y a un article sur le sujet aussi!

    Le passage à Windows 8.1

    J’ai mis trois machines à niveau vers cette version gratuite de Windows, pour trois raisons différentes. Sur mon Drake, je l’ai fait parce que je considérais cela comme un Service Pack et me disais que la mise à jour serait sans impact majeur. Mais elle modifie énormément l’infrastructure du système, ce qui perturbe l’installation des pilotes et de certains logiciels comme les anti-virus. La mise à jour sur mon Drake s’est à peu près bien passée, si ce n’est la nécessité de réinstaller Avast. Plus tard, je découvris que Avast n’est même plus nécessaire, car Windows Defender intégré à Windows 8.1 inclut d’ores et déjà un anti-virus!

    J’ai mis à niveau mon ultrabook chez Nuance, car les gens du support technique m’ont dit que cela allait corriger un bogue empêchant l’installation des mises à jour automatiques sur une machine reliée à un domaine. Cette mise à niveau a posé beaucoup de problèmes: nécessité de réinstaller le client VPN, difficultés à réinstaller l’anti-virus corporatif Symantec et quelques problèmes avec Outlook qui se sont heureusement résorbés. Cette mise à jour difficile a mérité son petit article.

    Enfin, j’ai mis à niveau mon ultrabook tout récent, qui venait à ma grande consternation avec Windows 8. Je ne veux pas avoir Windows 8 sur une machine, Windows 8.1 sur une autre, Windows 7 sur une autre, et tout le temps chercher sans cesse où se trouvent les éléments! Déjà que je suis coincé avec Windows 7 sur mon nouveau laptop de travail, chez Nuance, c’est assez comme ça! La mise à jour sur Hellora s’est assez bien passée, mais elle a perturbé un module d’émulation surround que j’ai dû désactiver.

    À quoi bon Windows 8.1? Eh bien juste pour la possibilité de choisir le Bureau plutôt que Metro au démarrage, cela vaut la peine! Windows Defender de Windows 8.1 inclut un anti-virus, ce qui évite d’avoir à en installer un séparément. La recherche a aussi été simplifiée. Plutôt qu’avoir des catégories (applications, fichiers, paramètres), elle liste tous les éléments trouvés.

    Conclusion

    Est-ce que tout cela aura valu la peine? Plus ou moins. Mais sur un écran tactile, comme celui de mon ultrabook, Windows 8 est intéressant, permettant une utilisation semblable à celle d’Android avec la possibilité de basculer vers le Bureau à tout moment pour une tâche sans aucun support du côté de Metro. Le passage à Windows 8 m’aura permis, pendant plusieurs mois, d’utiliser un superbe ultrabook chez Nuance qui était mille fois mieux que mon ancien laptop de 2009. J’ai eu le nouveau laptop seulement en novembre, alors ça m’a bien aidé cet ultrabook avec Windows 8! Enfin, toutes les machines vendues depuis 2013 viennent avec Windows 8 alors autant s’y faire plutôt que se taper la réinstallation de Windows 7.